Les réactions se sont poursuivies hier à l’agression subie par un jeune militant, Roland Nassour, coordinateur de la Campagne nationale contre le barrage de Bisri : celui-ci avait été battu et sévèrement blessé à l’oreille par un groupe de plus de cinq hommes alors qu’il marchait dans la vallée dimanche (voir L’OLJ du 13 juin). Le jeune homme avait pointé du doigt, dans un entretien avec L’OLJ, « une tentative d’intimidation » de ceux qui se sentent lésés par la campagne contre ce grand projet entrepris par le Conseil du développement et de la reconstruction et financé par la Banque mondiale.
Le CDR, justement, a publié hier un communiqué « dénonçant l’attaque contre Roland Nassour » et assurant « qu’aucune partie concernée par la construction du barrage n’est impliquée, ni de près ni de loin, dans cet incident ». « Nous refusons toute agression contre tout citoyen, quel qu’il soit », poursuit le communiqué. Le CDR précise « avoir voulu clarifier ce point à l’opinion publique afin de barrer la route à toute tentative de l’impliquer dans cette agression inacceptable ».
Les hommes politiques se sont également mis de la partie. Le député Samy Gemayel, président du parti Kataëb, a tweeté : « Il semble que nous soyons passés d’un État policier qui opprime ses citoyens à l’utilisation de mercenaires pour agresser des militants pacifiques qui tentent de préserver les belles régions libanaises, menacées de disparition. »
Pour sa part, le leader druze Walid Joumblatt a écrit, également sur Twitter : « La discussion autour du barrage de Bisri et de son utilisation n’en est qu’à ses débuts. Il est vrai que j’étais de ceux qui appuyaient la construction de ce barrage, mais les avis hostiles et les réponses ambiguës sur son utilité apportées par le CDR me poussent à reconsidérer ma position. Quant à l’agression sauvage contre le militant écologiste Roland Nassour, elle n’est pas moins qu’un acte terroriste, et nous demandons l’arrestation des coupables. »

