La réunion au siège de la Ligue maronite. Photo ANI
« Conformément à la volonté du patriarche Béchara Raï », la Ligue maronite a annoncé hier avoir retiré sa plainte contre l’ex-président de la Confédération générale des travailleurs au Liban (CGTL), Béchara Asmar.
M. Asmar avait été libéré lundi sous caution, après plus d’une semaine de détention en raison de propos portant atteinte à la mémoire du patriarche maronite émérite Nasrallah Sfeir, décédé le 12 mai. Les propos avaient été enregistrés à son insu et rendus publics par malveillance. Maronite lui-même, il s’en est excusé plusieurs fois publiquement. Même tenus en privé, ces propos ont fait scandale et ont été retenus contre lui, le contraignant à la démission. L’arrestation de M. Asmar a été jugée par certains vindicative, voire illégale.
La décision de la Ligue maronite a été rendue publique à l’issue d’une réunion de son conseil à son siège de la Quarantaine, sous la présidence de M. Nehmetallah Abi Nasr, à laquelle assistaient notamment les députés Nadim Gemayel, Joseph Ishak et Salim Aoun, l’ancien ministre Youssef Saadé, l’ancien député Salim Salhab et le président de la Fondation maronite dans le monde Charles Hage. La réunion est la première d’une série de rencontres que la Ligue maronite doit avoir avec toutes les instances politiques et sociales maronites.
La réunion a servi en outre à faire le point sur l’une des revendications les plus anciennes et les plus justifiées de la Ligue et de M. Abi Nasr en personne, à savoir le décret de naturalisations de 1994, qui a provoqué un déséquilibre démographique considérable au sein de la population libanaise. En 2003, le Conseil d’État avait accepté le recours de la Ligue maronite (n° 484 du 7/5/2003) contre le décret de 1994 (5247/94) accordant la nationalité libanaise à des dizaines de milliers d’étrangers. Parmi les raisons invoquées, la naturalisation anticonstitutionnelle de Palestiniens et d’autres non-Libanais et le déséquilibre démographique et confessionnel qui en avait découlé, près de 80 % des naturalisés étant de confession musulmane.
Par ailleurs, la Ligue a réitéré son appel à la vigilance au sujet de la présence massive au Liban de réfugiés syriens, et réaffirmé le droit à la carte d’identité libanaise des descendants d’émigrés libanais. Enfin, elle a réclamé que la date de la proclamation du Grand-Liban, le 1er septembre 1920, soit commémorée dignement et chômée comme fête nationale.
Liban, espace de valeurs
Commentant cette dernière recommandation, le député Nadim Gemayel a insisté sur le fait que « les fonctions suprêmes confiées aux maronites, comme la présidence de la République et le commandement de l’armée, n’ont pas été accordées au profit des maronites, mais dans l’intention de fonder un projet de patrie pour tous les Libanais, reposant sur la démocratie, la justice et la liberté. Quand Bachir (Gemayel) a parlé des 10 452 kilomètres carrés, il ne se référait pas seulement à une espace géographique, mais aussi à un espace de valeurs et de conduite éthique, un espace de liberté et de souveraineté. Tel est le grand projet qu’en tant que maronites nous devons porter, sans penser aux intérêts étroits et personnels ».

