L’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) a franchi cette semaine une étape cruciale vers un accord mondial sur la taxation des géants du numérique (GAFA), avec l’approbation par près de 130 pays de sa feuille de route, et attend désormais le « soutien politique » du G20. Les États-Unis, qui bloquaient depuis des années les négociations, ont levé en janvier les obstacles et ouvert la voie à la recherche d’un accord mondial, comme l’avait annoncé le secrétaire général de l’OCDE Angel Gurria, en janvier, en marge du Forum économique de Davos (Suisse).
Au cours d’une réunion qui s’est tenue au siège de l’OCDE, 129 pays ont approuvé la « feuille de route pour résoudre les défis fiscaux soulevés par la numérisation de l’économie ». La prochaine échéance importante aura lieu au G20 Finances, prévu les 8 et 9 juin à Fukuoka, au Japon, où l’OCDE va présenter sa « feuille de route » et demander aux principales économies mondiales de s’entendre, d’ici à la fin de l’année, sur une piste commune pour parvenir à un accord mondial à fin 2020.
Pour l’instant, l’OCDE a trois propositions sur la table : la première qui se limite aux entreprises « hautement numérisées » comme « Facebook, Google et des plateformes comme Airbnb ou Uber », a indiqué l’OCDE, qui a été mandatée par le G20, dont fait partie la Chine qui dispose de ses propres géants du numérique avec Baidu, Alibaba et Tencent. La deuxième s’étendrait à tous les groupes qui « ont de la distribution » dans d’autres pays, comme les entreprises du luxe françaises aux États-Unis, ou les firmes américaines en Europe. La troisième – et dernière option – est plus ciblée sur le numérique et les ventes à distance.

