La commission parlementaire pour les Droits de l’homme en réunion hier. Photo ANI
La commission parlementaire pour les Droits de l’homme s’est réunie hier sous la présidence du député Michel Moussa et en présence de la ministre de l’Intérieur, Raya el-Hassan. Cette dernière a présenté un plan de gestion des prisons dans le pays qui vise à améliorer les conditions de détention. Une initiative qui intervient après le décès, il y a quelques semaines, d’un détenu des suites de tortures qui lui auraient été infligées lors d’un interrogatoire par les SR des Forces de sécurité intérieure.
« Le ministère de l’Intérieur fait un énorme travail, notamment au niveau de la direction des prisons qui souffrent d’un manque de personnel et de ressources. Les accusations (de maltraitance des prisonniers) sont déplacées (...). Je suis personnellement prête à coopérer si une enquête venait à être ouverte ou des poursuites venaient à être engagées concernant le traitement des prisonniers », a déclaré Mme Hassan lors d’une conférence de presse à la suite de la réunion.
Le décès, vers la mi-mai, de Hassan el-Diqqa, dédouaneur de 43 ans détenu depuis plusieurs mois à la prison de Roumieh pour une affaire de narcotrafic, des suites de violences subies lors de son interrogatoire, a fortement choqué les défenseurs des droits de l’homme. Cette affaire a valu au Liban d’être épinglé par la haut-commissaire de l’ONU pour les Droits de l’homme, Michelle Bachelet, qui a réclamé l’ouverture d’une enquête.
« Nous avons une stratégie sur le long terme mais nous allons commencer par prendre quelques mesures rapides pour faciliter les visites des familles, des avocats et des associations de la société civile, a dit Mme Hassan. Nous allons bâtir une prison à Majdlaya et un centre pour délinquants juvéniles à Warwar. Nous allons également offrir les soins de santé nécessaires aux prisonniers. »
Michel Moussa a, pour sa part, annoncé la création d’une commission spéciale pour enquêter sur la torture dans les centres de détention. « Certains disent qu’il y a torture systématique, mais ce n’est pas vrai. Il pourrait y avoir des actions (de torture) individuelles dans certains endroits, sans que des ordres aient été donnés dans ce sens. Dans tous les cas, ce dossier nécessite de l’attention pour empêcher la torture, en respect des accords signés par le Liban et les comptes demandés par les organisations internationales », a-t-il dit.
Le député a par ailleurs estimé que l’un des problèmes majeurs des établissements pénitenciers du Liban est qu’ils sont « bondés à cause de la situation sécuritaire que le pays a connue et à cause de la densité de la population, notamment avec l’afflux des réfugiés syriens et les problèmes qui leur sont reliés ».
« 50 % des personnes qui sont emprisonnées à l’heure actuelle attendent leur sentence. C’est un pourcentage inacceptable et certains seront condamnés à moins de temps qu’ils n’auront effectivement passé derrière les barreaux en attendant leur jugement », a expliqué M. Moussa.

