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Brésil: les pro-Bolsonaro dans la rue contre la "vieille politique"


AFP
26/05/2019

Plusieurs dizaines de milliers de partisans du président d'extrême droite du Brésil Jair Bolsonaro ont manifesté dimanche pour réclamer la fin de la "vieille politique" incarnée par le Congrès, accusé de freiner les réformes du gouvernement.

La mobilisation, qui intervient alors que la cote de popularité du chef de l'Etat a chuté en moins de cinq mois de mandat, était assez importante, mais sans commune mesure avec les manifestations qui ont réuni le 15 mai plus de 1,5 million d'étudiants et enseignants contre des coupes budgétaires massives dans l'éducation.

D'après le site G1, des défilés pro-Bolsonaro ont eu lieu dans plus de 50 villes de 12 des 27 Etats du Brésil. A la mi-mai, plus de 200 villes de tous les Etats s'étaient mobilisées pour l'éducation.

Dimanche sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro, plusieurs milliers de personnes se sont massées dans la matinée, arborant des drapeaux brésiliens et des maillots jaunes de l'équipe nationale de football.

À Sao Paulo, ils étaient aussi des milliers sur l'emblématique Avenue Paulista dans l'après-midi, où a été dressée une énorme poupée gonflable à l'effigie de Jair Bolsonaro.

À Brasilia, où quelque 3.000 manifestants étaient présents, une autre poupée gonflable représentait le ministre de la Justice Sergio Moro, ex-juge emblématique anticorruption, en costume de Superman.


"Manoeuvres sataniques"

Au-dessus de la longue plage de Copacabana, un petit avion survolait une mer agitée, traînant dans son sillage une banderole sur laquelle on lisait "Mito Mito Mito" (Mythe), le surnom donné à Jair Bolsonaro par ses adorateurs.

Une dizaine de quinquagénaires en treillis coiffés d'un béret militaire rouge se sont lancés dans une série de pompes, en hurlant à chaque flexion.

L'un d'eux, l'ancien parachutiste Geralmir dos Santos, 50 ans, a dit être venu "pour soutenir les projets du gouvernement".

"Cela fait cinq mois que le Brésil n'avance pas parce que Rodrigo Maia (le président de la Chambre des députés), avec ses manoeuvres sataniques, bloque tout. Il faut qu'ils (les parlementaires) comprennent que le Brésil ne leur appartient pas", a-t-il affirmé.

Le Parlement, où le parti présidentiel ne dispose que de 10% de sièges, semble de plus en plus tiède pour voter une réforme jugée cruciale des retraites, clé de voûte du programme du président, ainsi qu'un projet de loi anticriminalité de Sergio Moro.

Les députés ont également poussé M. Bolsonaro à revoir sa copie sur plusieurs réformes, notamment un décret sur le port d'arme.

"Il ne faut plus perdre de temps, il faut approuver la réforme des retraites. Nous voulons montrer notre soutien au gouvernement, parce que, malheureusement, au Congrès, il se passe trop de choses pas nettes", a affirmé André Santos, 35 ans, qui manifestait à Sao Paulo.

Le président Bolsonaro, qui se trouvait à Rio ce week-end pour le mariage d'un de ses fils, avait dans un premier temps envisagé de participer à la manifestation de Copacabana, mais a finalement renoncé et a conseillé à ses ministres de s'abstenir eux aussi.

Mais il n'a pas manqué de partager dimanche sur Twitter des photos ou vidéos de la mobilisation dans plusieurs villes brésiliennes.

"C'est une manifestation spontanée, qui respecte la loi et les institutions, pour envoyer un message à ceux qui restent attachés aux vieilles pratiques", a déclaré le chef de l'Etat lors d'un culte évangélique à Rio.


"Aidons notre président"

Certains proches conseillers du président l'ont convaincu de ne pas se rendre à ces manifestations parce qu'il craignaient des mots d'ordre trop extrémistes, à la suite d'appels lancés sur les réseaux sociaux par des groupes radicaux à "fermer le Congrès et la Cour suprême".

À Copacabana, un camion était effectivement orné d'une banderole où on pouvait lire "intervention militaire maintenant", réclamant la prise du pouvoir par l'armée comme en 1964, lorsqu'un coup d'Etat a inauguré deux décennies de dictature. Une période dont l'ex-capitaine Jair Bolsonaro a toujours fait l'éloge.

"Les partis politique au Brésil sont des factions criminelles", disait une autre banderole, tandis qu'un autre message fustigeait les "vers et parasites des trois pouvoirs".

D'autres banderoles étaient plus sobres, avec des messages comme : "Aidons notre président à reconstruire notre Brésil".

"Merci aux Brésiliens de lutter pour mon avenir", disait une pancarte tenue par une petite fille noire âgée de cinq ans.

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