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Ankara a cessé d'acheter du pétrole iranien pour respecter les sanctions américaines


AFP
23/05/2019

La Turquie a cessé totalement d'importer du pétrole iranien depuis début mai pour "respecter" les sanctions américaines, même si elle les désapprouve, a déclaré mercredi un responsable turc.

"En tant qu'allié stratégique" des Etats-Unis "nous respectons" les sanctions, a dit ce responsable, sous couvert de l'anonymat, en marge d'une visite à Washington du vice-ministre turc des Affaires étrangères Yavuz Selim Kiran.

L'administration de Donald Trump a rétabli les sanctions américaines contre l'Iran après avoir quitté, il y a un an, l'accord international sur le nucléaire iranien. Ces sanctions interdisent notamment les exportations de pétrole iranien, et visent aussi tout pays qui continuerait d'en acheter.

Huit pays, dont la Turquie mais aussi la Chine, l'Inde ou le Japon, avaient initialement bénéficié d'une dérogation pour continuer à importer du brut iranien, mais celle-ci a pris fin le 2 mai et n'a pas été renouvelée.

A l'annonce du non renouvellement des exemptions, Ankara avait semblé ne pas vouloir obtempérer. "Nous n'accepterons pas de sanctions unilatérales et de contraintes sur la manière dont nous gérons nos relations avec nos voisins", avait alors lancé le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu.

Mais la Turquie a finalement bien cessé d'importer du pétrole iranien depuis le 2 mai, selon le responsable turc interrogé mercredi.

La délégation turque a évoqué avec l'administration Trump les nombreux contentieux qui empoisonnent les relations entre ces deux pays pourtant alliés au sein de l'Otan. A commencer par l'achat par Ankara de systèmes russes de défense antiaérienne S-400.

Les Américains dénoncent cette acquisition en cours et menacent d'une part de ne pas livrer aux Turcs leurs avions de chasse F-35 dont la Turquie a également entrepris de faire l'acquisition, et d'autre part d'imposer des sanctions économiques contre Ankara.

"C'est un accord conclu", a dit mercredi à Washington le vice-ministre turc à des journalistes, réaffirmant que son pays ne renoncerait pas au contrat avec Moscou.

Le gouvernement turc a proposé à l'administration américaine un groupe de travail technique conjoint pour dissiper les craintes des Etats-Unis qui redoutent que la technologie dont sont dotées les batteries S-400 ne serve à collecter des données technologiques sur les avions militaires de l'Otan, et que la Russie puisse ainsi y accéder.

"Nous attendons toujours la réponse" sur cette "commission technique", a déploré le responsable turc sous couvert de l'anonymat.

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