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La Dernière

Quand il est (encore) temps

Un peu plus
18/05/2019

Dans la vie, tout est question de timing. Le parfait timing. Parfois, c’est avant l’heure, parfois après. Il faut donc apprendre à patienter. Attendre ce fameux bon moment pour prendre une décision. Pour réaliser que l’autre est le bon ou la bonne. Pour savoir qu’il est temps de partir. Tout est question de timing. Et un jour, l’instant est là. Il prend la forme d’une pensée, d’une idée, d’une phrase. D’un ras-le-bol, d’un trop-plein, de l’ennui.

Décider, que ce soit d’une rupture, d’un engagement, d’un départ, d’un changement, est chose difficile. Sortir de sa comfort zone, peu de gens osent le faire. Coller à ses habitudes, rester dans son cocon, continuer une histoire routinière, un boulot même s’il est ennuyeux, est plus facile que d’envoyer tout valser. Il y a quelque chose de réconfortant dans les chaînes qui nous attachent à ce que l’on connaît (trop) bien.

Et pourtant, il est parfois vital, souvent nécessaire, de se défaire de ce qui nous retient. Il faut beaucoup de courage et de force pour faire le grand saut. Ce plongeon dans l’inconnu. Quitter un job que l’on fait depuis 20 ans. Lâcher un poste confortable. Dire au revoir à des collègues devenus des amis. Ranger ses affaires et nettoyer son bureau du 1er étage. Mettre dans des cartons des années de labeur, des souvenirs, des photos, des coupures de presse. Il faut beaucoup de courage pour partir sans plan B. Ni C ni D. Pour se dire que maintenant que le ciel est plus clair, il faudra laisser le destin faire son travail. Se fier à sa bonne étoile. Mais il fallait le faire. Pour sa survie, son équilibre, sa santé émotionnelle ou mentale.

Recommencer. Repartir d’un autre pied ou sur de nouvelles bases. Choisir une autre voie, différente de ce que l’on avait l’habitude de faire. Devenir pâtissier quand on était banquier, joaillière quand on était publiciste, prof de yoga quand on était graphic designer. S’essayer à la littérature, à la peinture. Ouvrir un restaurant, une maison d’hôtes. Devenir capitaine sur un bateau, médecin à 50 ans, psychanalyste à 60. Devenir vegan quand on était fan de viande saignante.

Il faut beaucoup de force également pour rompre une union. Pour clore un chapitre de son existence. Pour ranger là aussi dans des cartons de fortune des années de souvenirs heureux ou malheureux. Il faut beaucoup de solidité pour recommencer une autre vie. À zéro parfois. Pour (re)choisir le célibat, essayer de nouvelles peaux, se prendre des murs et ne pas avoir peur.

Il faut savoir être aventureux pour se hasarder dans une nouvelle histoire quand on craignait l’engagement. Pour essayer la vie à deux, se marier sur le tard, avoir un enfant à 40 ans quand tout cela paraissait impossible auparavant. Parce que c’est l’inconnu qui s’offre à nous. Et ce, dans tous les cas de figure. Cet inconnu que l’on ne maîtrise pas. Cet inconnu terrifiant et tétanisant. Mais cet inconnu de tous les possibles.

Il faut être audacieux pour ranger ses valises, vendre ses meubles, prendre un avion et tout retenter ailleurs. Dans une autre ville, un autre pays, sur un autre continent, où l’on ne connaît personne, ni la langue. Pour se lancer dans une aventure à la fois risquée et exaltante. Pour aller sur une île grecque, là où il fait chaud, dans les îles Féroé, là où il fait froid. Quitter ses proches, sa famille, ses ami(e)s, ses amours, ses amant(e)s. Quitter un quartier où les commerçants connaissaient nos habitudes. Et larguer les amarres.

Larguer les amarres, décider de sa vie et ne plus la subir. Ne plus avoir à supporter l’ordre établi, la facilité et la routine. Parce que c’est à ce moment-là que tout arrivera. Que le hasard frappera enfin à notre porte, que les coïncidences se feront plus évidentes et les rencontres, plus belles.

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Hitti arlette

Pourquoi aller chercher tout ce chamboulement ? Pourquoi tous ces vains efforts à la recherche d'une éventuelle et aléatoire nouvelle vie puisque de toute façon viendra ,s'installer confortablement un jour ,l'ordre établi et le train train ? voila ce que c'est que d'être maso ,versatile ou cyclothymique.

Le point

Il semblerait que le meilleur des moments est le moment présent. Changer de vie ne relève pas de l'audace mais de la fuite. Oui qu'il est agréable de tourner la page, d'aller ailleurs, de recommencer, de repartir de zéro, mais c'est encore plus difficile que de réparer une existence qui ne plaît plus à soi-même. Bon article qui nous laisse rêver et cauchemarder à la fois mais qui donne l'espoir qu'une vie meilleure est possible, peut-être!

Houri Ziad

Bon assez de bavardage reste ou tu es et regale nous de tes etats d'ames tous les samedis....svp...

NAUFAL SORAYA

Toujours si vrai, si bien senti et si bien écrit...

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