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Moyen Orient et Monde

Dans la poudrière du Golfe, le risque d’embrasement

Analyse

L’étincelle peut venir d’alliés des belligérants principaux ou d’acteurs non étatiques.

OLJ
15/05/2019

Escalade USA-Iran, mystérieux « sabotages » de pétroliers... Le risque qu’un des acteurs des innombrables crises dans le Golfe allume l’étincelle de trop est réel, pouvant déclencher un embrasement de la poudrière, mettent en garde les experts.

« La possibilité d’un affrontement, même sans provocation, est assez élevée » compte tenu de l’exaspération des tensions entre les États-Unis et l’Iran, estime auprès de l’AFP Ali Vaez, responsable Iran de l’ONG International Crisis Group, basé à Washington. « Il y a un risque d’embrasement qui est réel », juge Agathe Demarais, directrice des prévisions de la branche recherche et prospective du groupe The Economist basé à Londres, tout en précisant que ce n’est pas leur scénario principal. « Nous sommes très inquiets qu’un conflit se produise par accident », a lancé lundi le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt. Et c’est là le nœud du problème pour les experts : une petite étincelle, puis une contagion.

Entre des États-Unis intraitables avec l’Iran (et militairement omniprésents dans la région, avec leur 5e flotte basée à Bahreïn, récemment renforcée d’un porte-avions) et un régime des mollahs acculé, mais maintenant plusieurs fers au feu dans la région (Syrie, Yémen, Irak, Liban) et dont les ambitions nucléaires et balistiques crispent la région, les facteurs de risque sont importants. Sans compter des Saoudiens à couteaux tirés avec les Iraniens, des Émiratis dans la roue des Saoudiens, des Qataris sous blocus, une guerre au Yémen, les Israéliens tout proches et une part essentielle du pétrole mondial qui transite par le détroit d’Ormuz...

À quand le « paiement comptant » ?

Dans cette région, « il serait plus juste de parler d’un état hybride de paix-guerre, avec des variations d’intensité, des crises successives, sans règlement du problème de fond », analyse Jean-Sylvestre Mongrenier de l’Institut franco-belge Thomas More, avant de demander : « Jusqu’à quand peut-on repousser les échéances et conjurer le “paiement comptant” ? » À savoir une guerre. Pourtant, au fond, chaque camp essaie de contrôler la situation et ses alliés et aucun n’a réellement intérêt à une guerre. « Rationnellement, cela ne devrait pas aller plus loin car il y a de part et d’autre des gens qui essayent de calmer le jeu », notamment les « establishements » militaires américains et israéliens, estime Denis Bauchard, conseiller Moyen-Orient de l’Institut français des relations internationales (IFRI), pointant aussi le « profil bas » de l’Iran pour l’instant. Mais il y a « aussi de part et d’autre des boutefeux, avec (le conseiller à la Sécurité nationale John) Bolton aux États-Unis ou, du côté iranien, les gardiens de la révolution ».

Hypothèses et scénarios

Pour lui, « le scénario est celui d’un à toi, à moi limité, les États-Unis lançant une attaque militaire limitée contre l’Iran, qui répondrait de manière limitée, chacun espérant que tout le monde garde son calme ».

Mais l’étincelle peut venir d’un de leurs alliés, ou d’acteurs non étatiques. « Si par exemple », élabore-t-il, « les houthis au Yémen tiraient un missile sur un pétrolier saoudien en mer Rouge, les représailles pourraient tomber sur l’Iran », allié des houthis, vu la promesse américaine faite à Téhéran d’une réponse « implacable à toute attaque contre les intérêts des États-Unis ou de (leurs) alliés ».

Surtout si ces éventuelles attaques visent le nerf de la guerre de tous les pays de la région : le pétrole. Comme l’ont illustré les récents mystérieux « sabotages » de navires au large des Émirats, contribuant à accroître la tension. « Si vous tapez sur leurs exportations de pétrole et qu’ensuite les marchés se mettent à douter de la fiabilité de ces pays en tant qu’exportateurs, c’est là que ça peut faire le plus mal », analyse Mme Demarais.

Concernant les navires qui auraient été endommagés, « il y a pas mal d’inconnues (...) car les Saoudiens et les Émiratis n’ont pas vraiment donné de preuve » des attaques. « Il y a plusieurs hypothèses : une est que ce serait un coup monté des Saoudiens, des Émiratis pour entraîner les Américains dans une réponse militaire », analyse Anne-Sophie Marie, analyste risque pays de l’entreprise Risk&Co. Une autre hypothèse pointe « les Iraniens eux-mêmes ou des supplétifs iraniens, sachant que les Iraniens ont menacé de s’en prendre au trafic maritime dans le détroit d’Ormuz si on les empêchait de vendre leur pétrole (comme le prévoient les nouvelles sanctions américaines), ça pourrait être une mise en garde : “Adoucissez vos positions ou on s’en prendra à vos intérêts” ».

Si la responsabilité de Téhéran est avérée, il pourrait s’agir donc d’un avertissement de l’Iran à Washington qui a renforcé sa présence militaire dans la région. « Dans un contexte de montée des tensions régionales, des opérations iraniennes limitées contre les Émirats et l’Arabie saoudite pourraient viser à dissuader ces deux pays » et « indiquer qu’une guerre avec l’Iran ne serait pas limitée au sol iranien », a fait valoir Alex Vatanka du Middle East Institute basé à Washington. S’il y a « vraiment eu une tentative délibérée d’endommager ces tankers, alors ce pourrait être un avertissement de l’Iran sur les conséquences d’une quelconque action militaire contre des cibles iraniennes n’importe où dans la région », a noté Neil Partrick, expert du Golfe. L’Iran, placé sur la défensive, a jugé lundi ces actes « préoccupants et regrettables ». Mais sur un ton de défi, le président iranien Hassan Rohani a aussi affirmé que son pays était « trop grand pour être intimidé par quiconque ».

Enfin, la troisième, « moins crédible », est celle d’un groupe terroriste.

Au final, si personne n’allume la mèche et que la situation ne dégénère pas en guerre, « les tensions vont continuer au moins tant que Donald Trump est président, car il n’y a que des faucons en politique étrangère et que l’économie américaine va ralentir, donc ils auront intérêt à avoir une politique étrangère musclée pour détourner l’attention des électeurs », prévoit Mme Demarais. « En face, l’Iran va jouer la montre, attendre 2020 en espérant que Trump ne soit pas réélu. » Entre-temps, le Pentagone a annoncé la semaine dernière l’envoi dans la région d’un navire de guerre et d’une batterie de missiles Patriot, s’ajoutant au déploiement d’un porte-avions et de bombardiers B-52. Il a justifié ce déploiement par des « signaux clairs montrant que les forces iraniennes et leurs affidés font des préparatifs à une attaque possible contre les forces américaines ».

Source : AFP

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FI MIN GELDOU 3AM YER3AA... BEDDOU HAKKK...

Chucri Abboud

Encore une fois le fameux "Chaos Contrôlé" si cher à Georges W Bush et à Condoleeza Rice ! Difficile de s'en défaire ! Quel complot ! Et que de milliards déversés pour rendre ce complot effectif pour les beaux yeux de notre voisin du Sud qui se délecte encore et encore !

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