Charles Arbid. Photo Marwan Assaf
C’est entouré d’une majorité de conseillers que le président du Conseil économique et social (CES), Charles Arbid, a rappelé l’importance du rôle de cette instance reconnue comme telle par le législateur et son apport en tant que plateforme légitime du dialogue social à l’échelle nationale. Il a précisé au passage que ni lui ni ses conseillers ne perçoivent de rémunération ou autres honoraires, et que leur mandature en ce sens relève du bénévolat.
Lors d’une conférence de presse tenue au siège du CES, M. Arbid a souligné que « la gravité de la situation nous force à affronter l’impact d’une désintégration sociétale due aux inégalités et à une répartition injuste des ressources et charges citoyennes, sur laquelle nous avons trop longtemps fermé les yeux ».
« Il nous est désormais indispensable, a poursuivi M. Arbid, d’élaborer des politiques publiques sur le long terme, économiques et sociales en particulier, et d’écarter la logique qui a prévalu à ce jour des politiques “saisonnières” et leurs déclinaisons en slogans populistes et sensationnels. » « Les politiques que nous prônons ne doivent pas se réduire à un ensemble de revendications, mais plutôt résulter d’un effort de réflexion commune et d’un dialogue profond et sérieux entre l’État, les syndicats et toutes les composantes de la société civile, au sens le plus large du terme. Et il n’y a pas de meilleure plateforme pour ce faire que le CES », a-t-il poursuivi. Et Charles Arbid de marteler : « Nous disons à tout le monde : vous devez vous habituer à la présence et au rôle du Conseil économique et social. »
Estimant qu’il y a une mauvaise perception du budget de l’État, il a souligné que ce budget n’est pas « une sanction » à laquelle nous devons chercher à échapper…
« La situation financière nécessite un traitement urgent et il y a correction budgétaire dès lors que l’orientation adoptée entraîne un équilibre stable des finances publiques. Il faut absolument que cet équilibre soit atteint d’ici à 2022 au plus tard. C’est tout à fait possible, et pour cette raison, il n’y a pas lieu de parler d’effondrement », a ajouté M. Arbid.
« Le budget doit satisfaire à la fois deux exigences : ne pas affecter les revenus minimum et ne pas entraver la relance économique. Partant, il faut adopter une approche réductrice des taux d’intérêt comme préalable à la réduction du déficit. Ce qui aurait pour effet de dynamiser l’économie, et donc d’améliorer la productivité », a-t-il encore dit.
Et de noter que « la lutte contre la corruption doit s’activer à tous les niveaux, et notamment face à l’enrichissement illicite des politiques, les contrats de gré à gré et les gros marchés publics ».
Appelant à engager sans plus tarder les réformes attendues et à opter pour une austérité porteuse de prospérité sur le long terme, M. Arbid a enfin affirmé que « les mesures de sauvetage nécessitent de se solidariser et se partager le fardeau des charges qu’elles entraînent ».
« Ce resserrement de la ceinture doit cependant s’accompagner de politiques planifiées, durables, responsables et d’une dimension d’empathie sociale », a-t-il conclu.

