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Liban

Quel avenir pour les expositions universelles ?

Réflexion

Jean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly-sur-Seine, mène la réflexion sur le modèle à adopter dans les années à venir.

09/05/2019

À l’heure où les Émirats arabes unis s’apprêtent à accueillir en grande pompe l’exposition universelle de Dubaï en 2020, Jean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly-sur-Seine, a lancé il y a peu un vaste chantier de réflexion autour de l’utilité de ce genre d’événements. M. Fromantin, qui était à Beyrouth il y a quelques jours, est allé à la rencontre de plusieurs personnalités libanaises, dans le cadre d’une tournée internationale qu’il a entamée afin de mener une réflexion sur l’universalité et le modèle actuel des expositions universelles.

C’est après le retrait de la candidature de la France à l’exposition de 2025 (finalement attribuée à Osaka, au Japon) que M. Fromantin, qui était chargé d’organiser cette candidature aux niveaux national et international, a décidé de réinterroger les valeurs universelles. À noter que la candidature française a été annulée car le métro qui devait desservir les lieux ne le fera plus.

« Les expositions universelles existent encore, mais elles n’ont plus l’ambition du XIXe siècle. C’était des moments qui réconciliaient le monde avec les machines, des révélations industrielles. C’était le monde qui s’interrogeait sur son avenir et son sens », explique M. Fromantin à L’Orient-Le Jour. « On y parlait de culture et d’action sociale. C’était une plateforme où le monde entier venait avec ce qu’il avait inventé, c’était un moment de partage », ajoute-t-il.

« Sauf qu’aujourd’hui, les jeunes ne vont plus aux expositions universelles et les deux tiers des pays n’y participent plus. C’est un modèle usé qui ne correspond plus aux enjeux du XXIe siècle. C’est l’occasion aujourd’hui pour repenser ce modèle et réfléchir à ce que l’on veut faire », souligne M. Fromantin.

Le responsable dénonce par ailleurs le règlement du Bureau international des expositions (BIE), organisation intergouvernementale qui régit entre autres les expositions universelles. « Ce règlement date de 1928 et il est totalement obsolète », estime-t-il.

Ateliers de l’universel

C’est alors que M. Fromantin décide de lancer les Ateliers de l’universel, un groupe de réflexion qui tente de tracer les contours d’un nouveau format d’exposition universelle plus en phase avec les enjeux contemporains. Il commence alors un « tour du monde », à la rencontre des jeunes, des politiques, des start-up, des artistes ou encore des universitaires, « pour convaincre qu’il y a un nouveau modèle à créer ». Il compte réunir les personnes qu’il aura vues à Paris en fin d’année, afin de définir l’universel et le type d’expositions que le monde souhaite construire à l’avenir.

M. Fromantin a démarré ses rencontres au Bénin, avant de se rendre en Suisse et aux États-Unis. Il a également pris la parole au Conseil de l’Europe devant 350 ONG européennes qui travaillent sur le thème de l’universalité. Son prochain voyage devrait le mener en Chine.

À Beyrouth, cet ancien député s’est réuni avec le président de la République Michel Aoun, ainsi qu’avec le patriarche maronite Béchara Raï à Bkerké. Il a également été à la rencontre des étudiants de l’Université Saint-Joseph (USJ) et de l’École supérieure des affaires (ESA). Les discussions avec les interlocuteurs libanais ont porté sur une définition de l’universalité et les enjeux de la mondialisation.

« Il y a aujourd’hui deux grandes lectures de l’universalité. Pour certains, il s’agit de l’uniformité des codes et valeurs. Pour d’autres, c’est une mosaïque et, dès qu’on neutralise une composante, tout le système est cassé », explique-t-il.

« On attendait de la mondialisation qu’elle soit un élément de réconciliation.

Mais en fin de compte, le monde se rétracte, se tend. Les pays ont peur les uns des autres, les populismes émergent. La mondialisation génère de l’enfermement », constate M. Fromantin. « Comment faire pour que le monde ne renie pas sa diversité, mais qu’en même temps il se relie davantage ? Il faut monter un nouveau concept avec ceux qui préparent l’avenir, notamment les jeunes », conclut-il.


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