Le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, Peter Germanos, a demandé au parquet d’appel de Beyrouth d’engager des poursuites auprès du tribunal des imprimés contre les journalistes Marcel Ghanem (MTV) et Joe Maalouf (LBC) pour avoir, selon les motifs du recours, lancé « une campagne de diffamation (à son encontre) dans le but de (le) détruire moralement en altérant (son) image au sein de la société, et cela pour (le) rendre incapable d’agir ».
Selon l’agence al-Markaziya, M. Germanos a fait assumer à MM. Ghanem et Maalouf la responsabilité de tout dommage corporel qui pourrait l’atteindre, exigeant d’eux des dommages-intérêts d’une valeur de 500 millions de livres en réparation du « préjudice » qu’ils lui ont causé.
Contacté par L’Orient-Le Jour, Joe Maalouf indique que dans le cadre de son émission, Hawal Hourriyé, il se penche depuis environ deux mois sur les enquêtes judiciaires menées autour de dossiers concernant certains magistrats, dont M. Germanos, soulignant qu’il ne compte pas s’arrêter. « M. Germanos a été convoqué par la justice et n’a pas comparu », affirme-t-il, déplorant « la lenteur de son dossier en raison d’ingérences politiques qui tentent même de le classer sans suite ». L’animateur ajoute avoir critiqué « le fait que M. Germanos prétende relever du ministère de la Défense pour justifier sa non-comparution », alors que, soutient-il, « de par la loi, il relève du ministère de la Justice ».
L’OLJ, qui a essayé sans succès d’entrer en contact avec Marcel Ghanem, a demandé à M. Maalouf dans quel cadre celui-ci a été accusé de diffamation par le commissaire du gouvernement. « Le sujet a été évoqué lors de la dernière émission de Sar el-Wa’t au cours de laquelle le ministre de la Défense, Élias Bou Saab, était l’hôte de Marcel Ghanem », a-t-il indiqué pour toute réponse.

