Le président français, Emmanuel Macron (à gauche sur la photo), accueillant le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, au palais de l'Elysée, à Paris, le 23 avril 2019. Photo AFP / Ludovic MARIN
Au cours d'un entretien suivi d'un déjeuner à l'Elysée, le président et le Premier ministre du Japon ont fait valoir le "partenariat spécial" qui unit les deux pays, soulignant leur coopération économique et militaire.
Selon la présidence française, ils "ont réaffirmé leur attachement à l'alliance Renault-Nissan qui vient de fêter ses 20 ans et qui est un symbole majeur de la coopération industrielle entre la France et le Japon".
"Ce partenariat industriel vient de démontrer sa capacité de résilience, la complémentarité de ses membres et la pertinence de leur projet commun", a-t-elle insisté.
Concernant la situation de l'ex-PDG Carlos Ghosn, l'Elysée indique respecter "la souveraineté et l'indépendance de la justice du Japon, qui est un partenaire diplomatique de premier plan et un Etat démocratique". "Nous sommes néanmoins très vigilants concernant le respect des droits et de l'intégrité de M. Ghosn en tant que citoyen français", a ajouté la présidence.
"Il a été rappelé que Carlos Ghosn a droit au respect de la présomption d'innocence et à la protection consulaire, comme tous les ressortissants français", a-t-elle conclu.
Déjà sous le coup de trois inculpations pour minoration de déclarations de revenus et abus de confiance aggravé, M. Ghosn a de nouveau été inculpé lundi pour des accusations de détournement de fonds de Nissan. Il a aussitôt déposé une demande de libération sous caution.
Agé de 65 ans, le dirigeant franco-libano-brésilien avait été arrêté le 19 novembre dernier, soupçonné d'avoir omis de déclarer une grande partie de ses revenus aux autorités boursières entre 2010 et 2015.
La délégation japonaise n'a pas immédiatemment confirmé que le sort de M. Ghosn avait été évoqué mais un responsable a affirmé que, si besoin, M. Abe était prêt "à expliquer à M. Macron comment fonctionne l'autorité judiciaire". "Les règles de procédure ont été dûment respectées" a-t-il assuré.
Pour l'Elysée, alors qu'une nouvelle gouvernance venait d'être mise en place pour Renault-Nissan, "il appartient maintenant aux industriels de la rendre toujours plus solide pour relever le défi des ruptures technologiques dans le secteur automobile. En tant qu'actionnaire, l'Etat français y est très attaché".
Conclu le 12 mars, le nouveau conseil opérationnel de l'alliance est composé du directeur général exécutif de Renault, Thierry Bolloré, des PDG de Nissan et Mitsubishi, Hiroto Saikawa et Osamu Masuko, et de Jean-Dominique Senard, nouveau pilote du partenariat franco-japonais.
Renault détient 43% de Nissan qui en retour possède 15% de Renault, mais sans droit de vote, une répartition qui apparaît déséquilibrée aux yeux des Japonais compte tenu des performances de Nissan comparées à celles de Renault.
Le responsable japonais a par ailleurs relevé qu'une coopération étroite s'imposait d'autant plus pour garantir une "synergie" entre les deux pays que le Japon pilote le G20 et la France le G7.
Des manoeuvres militaires conjointes sont par ailleurs prévues dans l'océan Indien et le porte-avion français Charles de Gaulle est attendu au Japon, a-t-il ajouté.


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