Que dire de l’homme qui me chantait des berceuses pour m’endormir, qui me racontait des histoires de chevaliers et de mousquetaires et qui, au moment crucial du dénouement, s’endormait? Je le réveillais alors pour qu’il la termine.
Que dire des longues vacances à la montagne, où Raymond et Maggy me gâtaient bien trop? Que dire sinon qu’enfant déjà, je voyais l’amour immense qu’il avait pour nous? Cet amour, il l’a donné à ses proches et à beaucoup d’autres. Il l’a donné sans jamais compter. Et on ne sait pas comment le lui rendre. C’est, quant à moi, mon seul regret. Je ne sais pas comment lui rendre ce qu’il m’a donné. Je ne sais pas comment lui rendre autant d’amour. Plus que les contes et les histoires d’aventures qu’il nous racontait, c’est l’histoire de Raymond qui est fantastique. De son enfance loin de ses parents, à sa voie de footballeur et d’avocat, sa vie de père, de mari, de grand-père et d’arrière-grand-père. Sa vie a été bien réelle, mais pour moi elle restera légendaire. Parce qu’il a traversé les époques, il a traversé les mers, d’Afrique en Europe et jusqu’au Liban. Il a vécu les guerres, les épreuves personnelles, la gloire et l’oubli… Et il a toujours su garder son humanité, sa droiture morale à toute épreuve, sa grande compassion et son immense générosité.
Raymond, tu es le héros de mes histoires. Je te dis adieu, je t’aime et je n’oublie rien.
Ton petit-fils
Maher


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