Des véhicules militaires appartenant aux forces de Misrata stationnés aux abords de Tripoli. Reuters/Hani Amara
L’émissaire de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé, a annoncé hier le report sine die de la Conférence nationale interlibyenne prévue du 14 au 16 avril dans le centre-ouest libyen, en raison des combats au sud de la capitale libyenne. « Nous ne pouvons pas demander la participation à la conférence au moment où les canons tirent et des raids aériens sont menés », a déploré M. Salamé, soulignant sa détermination à organiser la conférence « le plus tôt possible ».
Tripoli était partiellement privée hier de son seul aéroport fonctionnel, au lendemain d’une frappe aérienne des forces du maréchal Khalifa Haftar, engagées dans une offensive vers la capitale libyenne, siège du gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj.
Depuis jeudi dernier, malgré les appels de la communauté internationale, le maréchal Haftar, l’homme fort de l’Est libyen, et son autoproclamée Armée nationale (ANL) mènent l’assaut vers Tripoli (Ouest) au prix de violents combats avec ses adversaires du GNA, des affrontements déjà à l’origine de dizaines de morts et de milliers de déplacés.
Après une nuit plutôt calme, les combats ont repris hier au sud de la capitale, en particulier à Gasr Ben Ghachir et Wadi Rabi (environ 30 km), selon une source sécuritaire à Tripoli. Les deux camps proclament quotidiennement des « avancées » mais jusqu’ici, sur le terrain, aucun des deux ne semble dominer les combats.
Dénonçant l’attaque contre l’aéroport, l’émissaire de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé, a estimé qu’elle constituait « une violation grave du droit international humanitaire qui interdit les attaques contre des infrastructures civiles ». Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a « fermement condamné l’escalade » de la violence autour de Tripoli et appelé à « un arrêt immédiat » des combats. Il a appelé « toutes les parties à engager immédiatement le dialogue afin de trouver une solution politique ». Le haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés, Filippo Grandi, a appelé devant le Conseil de sécurité « à épargner les civils, notamment les réfugiés et les migrants bloqués » en Libye, alors que la haut-commissaire des Nations unies aux Droits de l’homme, Michelle Bachelet, a, elle, rappelé dans un communiqué « toutes les parties » à « leur obligation, en vertu du droit international, de garantir la protection des civils et des infrastructures civiles ».
Source : AFP


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