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Moyen Orient et Monde - Crise

Journée-clé, ce vendredi, pour le régime algérien

Des personnes arborant des drapeaux et des banderoles nationales lors d’une manifestation appelant le président Abdelaziz Bouteflika à démissionner, à Alger, en Algérie, le 26 mars 2019. Ramzi Boudina/Reuters

Les dirigeants algériens qui ont tour à tour lâché Abdelaziz Bouteflika sauront aujourd’hui, qui s’annonce comme une nouvelle journée test de grandes manifestations, si leur proposition de mise à l’écart du président suffit à apaiser la contestation populaire.

En prônant mardi la mise en œuvre de mécanismes constitutionnels pour écarter M. Bouteflika, le général Ahmad Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée depuis 15 ans et jusque-là soutien indéfectible du président, a rapidement rallié à sa cause l’essentiel de ceux qui étaient les plus zélés prosélytes du chef de l’État. Ceux qui, pendant des mois, ont poussé la candidature du président Bouteflika à un cinquième mandat, détonateur de la contestation, s’en écartent désormais.

Après le patron de l’armée, c’est le Rassemblement national démocratique (RND), pilier de la majorité, qui a lâché Abdelaziz Bouteflika, par l’intermédiaire de son patron, Ahmad Ouyahia. Encore Premier ministre il y a moins d’un mois, celui-ci a demandé au chef de l’État de démissionner. Abdelmadjid Sidi Saïd, secrétaire général de l’UGTA, principale centrale syndicale du pays, qui chantait il y a peu encore les louanges du président, se range désormais derrière la proposition du général Gaïd Salah. Quant au patron des patrons, Ali Haddad, proche de M. Bouteflika, s’il n’a pas rompu son allégeance, il semble perdre le contrôle du Forum des chefs d’entreprise (FCE), principale organisation patronale devenue un instrument de soutien politique au chef de l’État et d’appui au cinquième mandat.

« Règne agonisant »

Ceux qui « l’ont soutenu dans toutes ses décisions et ont applaudi toutes ses déclarations (...) sont aussi les premiers à le poignarder dans le dos : Bouteflika n’est pas encore complètement tombé qu’ils se précipitent pour accélérer sa chute », note le site indépendant Tout sur l’Algérie (TSA), dénonçant le « système dans toute sa laideur ».

Seul le Front de libération nationale (FLN), l’ancien parti unique majoritaire à l’Assemblée, n’a pas encore déserté, mais les dissidences s’y font de plus en plus entendre. « Dans le système politique algérien, c’est le pouvoir qui crée ses soutiens, ce ne sont pas les soutiens qui donnent le pouvoir », expliquait hier Moustapha Hammouche dans une chronique du quotidien francophone Liberté.

Et le centre de gravité du pouvoir semble s’être déplacé. Depuis deux jours, c’est la photo du général Gaïd Salah qui s’affiche en une du quotidien gouvernemental el-Moudjahid. Relais des messages du pouvoir, le journal saluait dès mercredi la proposition du chef d’état-major. Le départ de M. Bouteflika « est à présent entre les mains du Conseil constitutionnel, seule institution formellement habilitée à enclencher » la procédure proposée par le général Gaïd Salah, permettant de déclarer le chef de l’État inapte pour cause de « maladie grave et durable », à moins que celui-ci démissionne, écrivait hier el-Moudjahid.

Quarante-huit heures après la proposition du chef d’état-major de l’armée et malgré les défections en série, Abdelaziz Bouteflika est toujours en fonctions. « Le règne de Bouteflika est agonisant, même si son clan tente de résister », note l’éditorial du quotidien Liberté.

Reste à savoir si l’éventuelle mise à l’écart du président, très affaibli depuis 2013 par les séquelles d’un AVC, suffira à calmer la contestation, à la veille d’un sixième vendredi consécutif de manifestations, et à un mois de l’expiration constitutionnelle de son mandat actuel. Pour le quotidien arabophone, aujourd’hui s’affichera comme « le véritable thermomètre » et sera « l’occasion de découvrir » si la proposition de mettre à l’écart le chef de l’État « a fissuré ou non la mobilisation ».

Les dirigeants algériens qui ont tour à tour lâché Abdelaziz Bouteflika sauront aujourd’hui, qui s’annonce comme une nouvelle journée test de grandes manifestations, si leur proposition de mise à l’écart du président suffit à apaiser la contestation populaire.En prônant mardi la mise en œuvre de mécanismes constitutionnels pour écarter M. Bouteflika, le général Ahmad Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée depuis 15 ans et jusque-là soutien indéfectible du président, a rapidement rallié à sa cause l’essentiel de ceux qui étaient les plus zélés prosélytes du chef de l’État. Ceux qui, pendant des mois, ont poussé la candidature du président Bouteflika à un cinquième mandat, détonateur de la contestation, s’en écartent désormais.Après le patron de l’armée, c’est le Rassemblement...
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