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Économie - Automobile

Le comité de gouvernance de Nissan éreinte Carlos Ghosn

Venu à la rescousse de Nissan en 1999, Carlos Ghosn en était devenu le PDG deux ans plus tard.

Le comité désigné par Nissan pour corriger une gouvernance jugée défaillante à la lumière de l’affaire Ghosn a recommandé hier l’abolition du poste de président du conseil d’administration que ce dernier occupait, blâmant non seulement son pouvoir prétendument sans limites mais aussi sa stratégie industrielle. Dans un rapport de 34 pages, il mène une charge virulente contre l’ancien PDG de l’alliance Renault-Nissan, actuellement assigné à résidence à Tokyo dans l’attente de son procès pour malversations présumées. Selon ce comité composé de sept membres, M. Ghosn décidait tout lui-même dans la compagnie et avait placé « des proches », pour éviter que ses « agissements » ne soient découverts.

« Il a créé une situation dans laquelle il était difficile de détecter son appât du gain », a affirmé le coprésident du comité, Seiichiro Nishioka, lors d’une conférence de presse à Yokohama (banlieue de Tokyo), non loin du siège de Nissan. L’instance reprend à son compte l’ensemble des accusations de Nissan, dépeignant un dirigeant utilisant à son profit l’argent de l’entreprise en puisant notamment dans « la réserve du PDG ». Censée parer à des imprévus, comme des catastrophes naturelles, cette cagnotte devrait être supprimée, selon le comité.

Carlos Ghosn, venu à la rescousse de Nissan en 1999, en était devenu le PDG deux ans plus tard, un poste qu’il a occupé jusqu’en 2017 pour n’en garder ensuite que la présidence du conseil d’administration, tout en restant PDG de Renault. « Il n’était pas possible de s’opposer à lui », insiste le rapport à plusieurs reprises. « Il était déifié au sein de Nissan en tant que sauveur du groupe, et ses activités étaient considérées comme un territoire impénétrable. » Et le document de critiquer aussi une façon de diriger autoritaire « qui a échoué à laisser s’exprimer une diversité d’opinions », ainsi qu’une « culture des objectifs à court terme ».

Protéger Nissan

Pour éviter qu’une telle situation de « concentration des pouvoirs » ne se reproduise, le comité propose donc de se passer de président, une mesure présentée comme « audacieuse ». Pour apaiser les choses, l’actuel président de Renault, Jean-Dominique Senard, avait indiqué à la mi-mars renoncer à briguer la tête de Nissan. À la place, un administrateur externe devrait être chargé de diriger les réunions du conseil, où les membres indépendants deviendraient majoritaires.

Pour remplir ce rôle, le quotidien économique Nikkei a évoqué Sadayuki Sakakibara, 76 ans, celui-là même qui codirige le comité de gouvernance, mais cela n’a pas été confirmé hier. Cet ex-patron des patrons a « un bilan vraiment peu glorieux en termes de gouvernance », estime Zuhair Khan, analyste de Jefferies, qui dénonce depuis longtemps les dysfonctionnements de Nissan. Ancien président de l’entreprise spécialiste des textiles Toray et de la fédération patronale Keidanren, « il ne s’est certainement pas montré exemplaire » dans ces deux organisations, dit-il. « On dirait que la vieille Japan Inc. essaie de protéger Nissan et ses dirigeants, plutôt que d’améliorer sa gouvernance », relève M. Khan. De même est-il sceptique sur la volonté de Nissan de nommer « des administrateurs réellement indépendants ». « Il faut qu’ils aient une expérience solide dans le milieu des affaires », juge l’analyste qui salue en revanche la mise en place de comités distincts (nominations, audit et rémunérations), pour plus de transparence, « la norme à l’étranger ».

Source : AFP


Le comité désigné par Nissan pour corriger une gouvernance jugée défaillante à la lumière de l’affaire Ghosn a recommandé hier l’abolition du poste de président du conseil d’administration que ce dernier occupait, blâmant non seulement son pouvoir prétendument sans limites mais aussi sa stratégie industrielle. Dans un rapport de 34 pages, il mène une charge virulente contre l’ancien PDG de l’alliance Renault-Nissan, actuellement assigné à résidence à Tokyo dans l’attente de son procès pour malversations présumées. Selon ce comité composé de sept membres, M. Ghosn décidait tout lui-même dans la compagnie et avait placé « des proches », pour éviter que ses « agissements » ne soient découverts.« Il a créé une situation dans laquelle il était difficile de détecter son...
commentaires (4)

Les premiers soupçons allumés à l origine de l Affaire Nissan Ghosn depuis l aéroport de Tokyo semblent s atténuer aujourd hui et paraissent comme des éléments montés de toutes pièces ... Votre article démontre que Nissan et sa direction tentent de trouver d autres tournures ou peut être une porte de sortie honorable de ses dirigeants qui perturbés , ne semblent pas tous être au même diapason ..... Cette Tour de Babel promets des problèmes qui vont s enchaîner très vite et Nissan semble déjà ébranlée ... sans queue ni tête ... l avenir tres proche leur réserve des surprises....Espérons que dans la chute qui pourrait être assez brutale , ils n entraîneront pas dans leur sillage leur cosignataire de l alliance .... Ils ont crachés dans la soupe ils vont être obligés d avaler ce même bouillon ...

Menassa Antoine

14 h 22, le 30 mars 2019

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Commentaires (4)

  • Les premiers soupçons allumés à l origine de l Affaire Nissan Ghosn depuis l aéroport de Tokyo semblent s atténuer aujourd hui et paraissent comme des éléments montés de toutes pièces ... Votre article démontre que Nissan et sa direction tentent de trouver d autres tournures ou peut être une porte de sortie honorable de ses dirigeants qui perturbés , ne semblent pas tous être au même diapason ..... Cette Tour de Babel promets des problèmes qui vont s enchaîner très vite et Nissan semble déjà ébranlée ... sans queue ni tête ... l avenir tres proche leur réserve des surprises....Espérons que dans la chute qui pourrait être assez brutale , ils n entraîneront pas dans leur sillage leur cosignataire de l alliance .... Ils ont crachés dans la soupe ils vont être obligés d avaler ce même bouillon ...

    Menassa Antoine

    14 h 22, le 30 mars 2019

  • Une attaque Rogue et bien rodée contre Ghosn! Les japonais traitent Ghosn au Fugu, délicieux pendant des années, peut être, mais parfois mortel aussi!

    Wlek Sanferlou

    17 h 54, le 28 mars 2019

  • Il est clair que c'est un coup monté, contre Mr. Ghosn, par les sous fifres Japonais afin de récupérer les rennes des sociétés Japonaises en déficit après que la France ai mit la main dessus réussissant la ou les locaux avaient grandement échoué. La vérité apparaîtra bientôt car elle ne pourra être cachée longtemps. Les Japonais essayent de démonter au plus vite ce qui a été bâti afin qu'il n’y ait pas de retour en arrière. Eh bien il reste que les Européens doivent se serrer les coudes et commencent par boycotter les voitures Nissan et Mitsubishi...

    Pierre Hadjigeorgiou

    10 h 57, le 28 mars 2019

  • Nissan ouvre grand le parapluie pour se disculper de toute défaillance et en profite pour compliquer tout projet de fusion avec Renault. Carlos ghosn a bon dos.

    Marionet

    02 h 55, le 28 mars 2019

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