Déjà repoussé en raison d’un retard dans le déblocage par le ministère des Finances des crédits destinés à payer le carburant au fournisseur algérien Sonatrach, le ravitaillement des centrales de Deir Ammar (Liban-Nord) et de Zahrani (Liban-Sud) devrait être encore retardé de plusieurs heures, a indiqué à L’Orient-Le Jour une source à la direction d’Électricité du Liban (EDL). « La lettre de crédit a été transférée hier matin à la Banque du Liban, qui doit effectuer le paiement. Mais les conditions de navigation n’ont pas permis aux deux navires stationnés depuis 15 jours au large des côtes de commencer le ravitaillement », a précisé la source.
Cette dernière a en outre indiqué que Deir Ammar était à l’arrêt depuis 4 heures du matin hier. Cela correspond à une heure de courant fourni en moins, qui s’ajoute aux 3 heures liées à la baisse de la production dans les deux sites amorcée dès la semaine dernière par EDL pour anticiper le retard dans le déblocage des crédits. L’arrêt de la production à Zahrani était programmé pour aujourd’hui. Les deux centrales déploient chacune environ 470 mégawatts (MW) et fonctionnent au gasoil, contrairement aux autres centrales thermiques du pays qui consomment du fuel-oil. Les raisons du retard dans le déblocage des crédits – le troisième épisode de ce type depuis l’automne dernier – n’ont toujours pas été clarifiées.Le secteur de l’électricité au Liban est gourmand en subventions et insuffisamment pourvu pour alimenter tous les foyers libanais 24 heures sur 24. Sa restructuration fait partie des principaux chantiers que le gouvernement doit lancer. Un plan de réforme, présenté il y a une semaine par la ministre de l’Énergie et de l’Eau, Nada Boustani, pourrait être rapidement approuvé par le Conseil des ministres.

