Le président de la commission parlementaire des Finances et du Budget, le député Ibrahim Kanaan. Photo d’archives ANI
Le président de la commission parlementaire des Finances et du Budget, le député Ibrahim Kanaan (Courant patriotique libre), a affirmé hier que 459 recrutements irréguliers avaient été effectués dans les hôpitaux publics, sans avoir l’accord du ministère de la Santé, sans préciser la période de référence, a rapporté l’Agence nationale d’information (ANI, officielle). M. Kanaan a en outre affirmé qu’il n’y avait aucun recrutement abusif au sein du ministère de l’Énergie et de l’Eau (dirigé depuis plusieurs années par la formation politique de M. Kanaan) depuis août 2017.
La commission des Finances est actuellement en train d’examiner les données concernant le recensement des effectifs des différentes administrations, collectivités ou établissements publics, des éléments fournis par l’Inspection centrale et le Conseil de la fonction publique.
Ses membres ont commencé, ces dernières semaines, à convoquer plusieurs ministres et directeurs d’entreprises publiques afin qu’ils répondent d’embauches au sein de leurs institutions effectuées après août 2017, date d’entrée en vigueur de la loi n° 46 entérinant le relèvement des rémunérations dans la fonction publique (la nouvelle grille des salaires). Une des dispositions du texte (article 21) avait en effet ordonné le gel des recrutements dans la fonction publique pendant deux ans afin de contrôler la hausse des dépenses publiques provoquée par cette revalorisation. Or le rapport transmis à la commission a révélé que plus de 5 000 postes avaient été créés depuis août 2017.
Travailleurs journaliers
Cette situation a contribué à faire déraper le déficit public en 2019 (+72 % à fin novembre à 5,8 milliards de dollars, selon les derniers chiffres disponibles), alors que le Liban s’est engagé dans le cadre de la conférence de Paris (CEDRE) en avril 2018 à réduire le ratio déficit/PIB d’un point par an pendant cinq ans.
Sur un autre sujet, le député a indiqué que la loi n° 287 sur les travailleurs journaliers d’Électricité du Liban (EDL) était contraignante, appelant à organiser des sessions pour le concours que le texte met en place pour leur permettre d’intégrer la fonction publique.
L’institution de ce concours en 2014 avait été décidée pour répondre aux revendications de plus de 2 000 de ces travailleurs employés par EDL pendant des années sans que l’établissement public ne leur accord les mêmes garanties que les fonctionnaires réguliers. Une grande partie de ces travailleurs ont été reclassés dans le secteur privé au sein des opérateurs NEUC (groupe Debbas), BUS (Butec) et KVA (Arabian Construction Company et Khatib & Alami).


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