L'aéroport international Charles-de-Gaulle de Paris. Photo d'illustration AFP / Kenzo Tribouillard
Vingt minutes pour relier Paris à l'aéroport Charles-de-Gaulle : la capitale française va enfin se doter d'une liaison rapide avec son principal aéroport, mais des usagers craignent que ce "train des riches" ne se fasse au détriment de leur liaison de banlieue délaissée.
Le "CDG Express", pour la construction duquel les premiers coups de pelleteuse sont actuellement donnés, a pour but de donner une liaison rapide digne de ce nom à Paris, à l'image de nombreuses autres capitales occidentales.
La liaison devra relier à compter du 1er janvier 2024 -quelques mois avant les JO- la gare de l'Est, dans le centre de Paris, au terminal 2 de l'aéroport de Roissy. Le trajet doit durer 20 minutes, contre au moins 35 minutes par l'actuelle liaison ferroviaire, voire plus d'une heure en car. Il en coûtera 24 euros.
Ses opposants redoutent que ce projet de 1,8 milliard d'euros ne se fasse au détriment des usagers du RER B, un train de banlieue en sous-investissement chronique qui constitue la deuxième ligne d'Europe.
"Priorité au RER B et aux 900.000 personnes qui l'utilisent avant le CDG Express", implorent les élus de la région parisienne dont les communes sont traversées par cette ligne.
"Nous allons voir des hommes d'affaires dans le train et nous, on reste à quai", a récemment lancé un habitant de banlieue à la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse, favorable au projet, au cours d'une réunion publique.
En guise d'apaisement, la présidente de la région la plus peuplée de France a rappelé que plus deux milliards d'euros avaient été mis sur la table pour moderniser les voies du RER B et commander de nouveaux trains, à l'horizon 2025-2029. Mais l'opposition ne faiblit pas.
"Vous avez les riches à qui on va faire une desserte spéciale (...) et en bout de chaîne vous avez les habitants chez qui on fait passer des trains avec toutes les nuisances sans aucun des avantages", s'insurge Julien Bayou, conseiller régional d'Île-de-France et porte-parole d'Europe Écologie Les Verts.
Avec un taux de ponctualité de 85,6%, le RER B est loin de l'objectif de 94% promis par la SNCF, l'opérateur français du rail.
Devant cette fronde venue de banlieue, le gouvernement pourrait repousser le projet après les JO comme le demande Valérie Pécresse.
Mais certains élus s'interrogent sur la nécessité même de ce train qui sera concurrencé dans quelques années par le RER B et les lignes 15 et 17 du Grand Paris Express.

