À 19 ans, Nathan Chen a conservé sa couronne de champion du monde.
Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, sacrés champions du monde de danse sur glace pour la quatrième fois, samedi à Saitama (Japon), n’ont de cesse de dicter le tempo de leur discipline depuis leur explosion précoce au plus haut niveau en 2015. Sur la même glace japonaise il y a cinq ans (2014), Papadakis et Cizeron, alors âgés de 18 et 19 ans, vivaient leurs tout premiers championnats du monde. Ils s’étaient alors classés 13es. Dès l’hiver suivant, le duo français connaissait une ascension fulgurante en conquérant l’or européen et l’or mondial. Depuis, il n’a plus quitté les sommets. Cet hiver postolympique en est une nouvelle illustration.
Après une saison olympique forcément éprouvante, au cours de laquelle les Canadiens Tessa Virtue et Scott Moir (désormais retirés de la compétition) les avaient privés d’or aux JO 2018 après un malencontreux incident de robe, Papadakis et Cizeron ont enrichi leur palmarès d’un 5e titre européen consécutif (2015 à 2019 inclus) et d’une 4e couronne mondiale (après 2015, 2016 et 2018). « C’est bizarre de réaliser qu’on a fait tout ce chemin en juste cinq ans, en termes de résultats, mais surtout de chemin dans nos têtes », reconnaît Papadakis. Les vice-champions olympiques 2018 ont cumulé un score record de 222,65 points. Ils ont devancé les Russes Victoria Sinitsina et Nikita Katsalapov (211,76 points), et les Américains Madison Hubbell et Zachary Donohue (210,40 points) – leurs partenaires d’entraînement à Montréal. La veille, Papadakis et Cizeron avaient tutoyé la perfection dès la danse rythmique (88,42 points). Samedi, ils ont également dominé la danse libre (134,23 points).
Désormais quadruples champions du monde, ils rejoignent dans l’histoire du patinage français Andrée et Pierre Brunet, les seuls titrés autant de fois, en couples (1926, 1928, 1930 et 1932). À seulement 23 ans pour elle et 24 ans pour lui. Au-delà, le duo imprime un peu plus encore sa marque sur la danse sur glace. Il devient le 7e tandem quatre fois médaillé d’or mondial et se rapproche à deux unités du record de sacres détenu par les Soviétiques Lyudmila Pakhomova et Alexandr Gorshkov (six titres entre 1970 et 1976).
Ni une reprise de l’entraînement tardive l’été dernier, le temps de souffler après une olympiade éreintante, ni un hiver allégé en raison du dos bloqué de Cizeron début novembre (une seule étape du Grand Prix, pas de finale) n’ont dévié Papadakis et Cizeron de leur brillante trajectoire. « Comparativement à l’an dernier, il y avait moins de pression, on a pris les choses un peu plus sereinement, avec un peu plus de calme. C’était la bonne chose à faire, c’est un tremplin pour les prochaines années, on essaie de garder un peu d’énergie pour les trois prochaines », explique-t-il. « On savait que ce serait une année où on aurait besoin de recharger les batteries. On avait besoin de prendre ça tranquillement, ça ne veut pas dire moins de travail et d’ambition, mais moins de pression contre soi-même. Ça nous a fait du bien », complète-t-elle. « On a pris cette saison comme une saison de transition physique, mentale, morale », résume leur entraîneur Romain Haguenauer.
Chen malgré la hanyumania
Côté messieurs, l’extrême popularité de Yuzuru Hanyu (24 ans), légende vivante au Japon, n’a pas été démentie. Il suffisait de voir l’encombrement sur la glace une fois sa prestation achevée : une telle quantité de peluches Winnie l’ourson – plusieurs centaines, un millier ? – était tombée des tribunes que Nathan Chen n’avait plus qu’une demi-patinoire à disposition pour se préparer. « Patiner après ça, évidemment il y avait de la pression, mais c’était un immense honneur. Heureusement, les peluches étaient toutes du même côté de la patinoire et j’ai pu m’échauffer », a-t-il souri.
Mais cette incroyable ferveur, qui va jusqu’à saturer les enregistreurs, n’a pas suffi. Pour sa première compétition depuis la mi-novembre, la faute à sa cheville droite blessée, le double champion olympique en titre, distancé avant le programme libre, n’a pas pu rattraper un Chen impeccable (300,97 contre 323,42 points). Le jeune Américain, qui jongle à 19 ans entre patinage et études à la prestigieuse université de Yale depuis la rentrée, a ainsi conservé sa couronne de champion du monde. « J’ai perdu, et pour être honnête, ça me tue », a lâché Hanyu. Peut-être une consolation pour lui : il a sauvé l’honneur du Japon en lui apportant son unique médaille de la compétition.
Source : AFP


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