Écologie

Des jeunes manifestent pour le climat, malgré... la pluie

Le mouvement « Fridays for Future » s’installe (timidement) au Liban.

Une vingtaine d’écoliers et d’étudiants se sont retrouvés au pied de la statue des Martyrs de Beyrouth, dans le cadre de la mobilisation mondiale pour le climat « Fridays for Future ». Photo Sergio Attanasio

Au pied de la statue des Martyrs, hier à midi, elles n’étaient que quatre collégiennes, aux côtés d’une vingtaine d’étudiants plus âgés, à avoir décidé de faire l’école buissonnière pour prendre part au rassemblement Fridays for Future Lebanon. Organisé dans le cadre de la grève mondiale des écoles, Fridays for Future (FFF), portée depuis septembre 2018 par la jeune Suédoise Greta Thunberg, l’événement n’a pas eu le succès escompté auprès des établissements de la capitale. « Certains professeurs nous soutiennent, mais cela a été compliqué de les convaincre de manquer les cours », se désole Andrés Succar Rahmé, un Libano-Vénézuélien à l’initiative du rassemblement.

En août dernier, Greta Thunberg, âgée de seulement 15 ans, avait décidé de sécher ses cours, à la rentrée scolaire, et d’organiser, seule, un sit-in devant le Parlement suédois pour protester contre le fait qu’aucune action n’était prise par les autorités contre le changement climatique, alors que son pays venait de connaître un été particulièrement chaud. Elle a passé des journées assise sur les marches du Parlement avec une pancarte sur laquelle était inscrit : « Grève scolaire pour le climat », pour sensibiliser les candidats aux élections législatives de son pays sur sa cause. Elle avait fini par rejoindre les bancs de l’école, tout en maintenant son sit-in, chaque vendredi.

Son initiative a rapidement eu un effet boule de neige, touchant plusieurs pays occidentaux où des écoliers font la grève chaque vendredi pour réclamer des mesures officielles concrètes contre le changement climatique.

Au Liban, le mouvement en est à ses premiers balbutiements et les mauvaises conditions climatiques n’ont pas vraiment facilité son démarrage. La vingtaine de personnes rassemblées place des Martyrs n’ont toutefois pas baissé les bras face à une météo peu clémente, agitant des pancartes en carton gonflées par la pluie, sous les klaxons encourageants des voitures. « Si on n’agit pas, personne ne le fera et il faut bien commencer quelque part », lance avec un sourire enthousiaste Betoul, jeune diplômée franco-irakienne en architecture d’intérieur.

(Lire aussi : Climat : de Sydney à Montréal, les jeunes ont fait la grève de l'école vendredi)


À Jbeil aussi

À quelques dizaines de kilomètres plus au nord, les élèves de seconde de l’école des frères maristes de Jbeil ont défilé sur la voie romaine. Ils étaient cependant encadrés par leurs professeurs. C’est en effet le personnel éducatif du collège qui avait organisé sur le campus une journée dédiée à la lutte contre le réchauffement climatique. « C’était au départ une proposition d’idée d’une élève de terminale », précise Paule Hage, professeure de français au sein de l’établissement. Le défilé s’est ensuite arrêté devant le vieux souk où les quelque 110 élèves ont scandé en arabe et en français des slogans appelant à lutter contre le réchauffement climatique. Les élèves de première et de terminale ont parallèlement participé à une rencontre-débat avec une militante écologiste.

L’ensemble des classes du secondaire a également adressé une pétition à l’intention du ministre de l’Environnement, réclamant des actions concrètes en faveur du traitement des déchets, des transports en commun ou encore l’interdiction du plastique « sous toutes ses formes ». La pétition a été remise à un représentant du ministère de l’Environnement, Marc Beyrouthy, ancien élève de l’école qui s’est rendu à Jbeil pour l’occasion.


(Lire aussi : Climat : l'Etat français poursuivi en justice pour son action insuffisante)


Malgré le succès de la journée, il n’est pas certain que les élèves feront l’école buissonnière chaque vendredi, comme le demande pourtant Greta Thunberg. « Je ne sais pas si on peut organiser cela toutes les semaines, mais les élèves se sont promis de mettre en place ponctuellement de nouveaux événements », explique la professeure.

À Beyrouth, si la première manifestation n’a pas eu l’écho escompté auprès des élèves, les organisateurs espèrent trouver de nouvelles formes de mobilisation, en concertation avec les écoles. « On réfléchit aussi à lancer un projet avec les citoyens, les entreprises et les ONG pour qu’ils travaillent en petits groupes sur les problèmes environnementaux auxquels fait face le Liban », annonce Andrés. Il rappelle que Greta Thunberg, avant d’emporter des millions de citoyens dans son sillage, a d’abord manifesté plusieurs fois seule devant le Parlement suédois.

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Au pied de la statue des Martyrs, hier à midi, elles n’étaient que quatre collégiennes, aux côtés d’une vingtaine d’étudiants plus âgés, à avoir décidé de faire l’école buissonnière pour prendre part au rassemblement Fridays for Future Lebanon. Organisé dans le cadre de la grève mondiale des écoles, Fridays for Future (FFF), portée depuis septembre 2018 par la jeune...

commentaires (1)

Je trouve cela très positif que les étudiants manifestent contre le réchauffement climatique, mais c'est pourtant dommage que les pancartes sont en anglais. Et le nom de ce mouvement « Fridays for Future » ils auraient pu chercher un nom en libanais ...

Stes David

09 h 03, le 16 mars 2019

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Commentaires (1)

  • Je trouve cela très positif que les étudiants manifestent contre le réchauffement climatique, mais c'est pourtant dommage que les pancartes sont en anglais. Et le nom de ce mouvement « Fridays for Future » ils auraient pu chercher un nom en libanais ...

    Stes David

    09 h 03, le 16 mars 2019