Le Japon a annoncé mercredi que, pour la première fois en plus d'une décennie, il ne soumettrait pas à l'ONU de motion concernant la situation des droits de l'homme en Corée du Nord.
Cette décision intervient au moment où le Premier ministre Shinzo Abe cherche des moyens d'engager le dialogue avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un dans l'espoir de régler la question des enlèvements de Japonais par des agents de Pyongyang dans les années 1970 et 1980.
"Après avoir examiné les résultats du sommet Etats-Unis-Corée du Nord ainsi que différents éléments concernant les enlèvements et d'autres sujets, nous avons décidé de ne pas soumettre de projet de résolution sur la situation des droits de l'homme en RPDC à la session du Conseil des droits de l'homme des Nation unies qui se tient actuellement à Genève", a déclaré le porte-parole du gouvernement Yoshihide Suga au cours d'un point de presse régulier.
Au cours des 11 dernières années, le Japon s'est toujours joint à l'Union européenne pour condamner la situation des droits humains en Corée du Nord.
M. Abe, qui s'est imposé sur la scène politique nationale en partie par son attitude intransigeante envers la Corée du Nord, a modéré son discours devant les initiatives prises par le président américain Donald Trump pour amener Kim Jong Un à la table des négociations. MM. Trump et Kim ont tenu leur seconde réunion il y a deux semaines au Vietnam.
Tout en s'efforçant d'être constamment en bons termes avec M. Trump, M. Abe s'implique plus activement à présent pour tenter d'obtenir une rencontre avec le dirigeant nord-coréen au sujet de l'enlèvement de citoyens japonais. Le président américain a dit avoir discuté de ce sujet avec Kim Jong Un au Vietnam.
Pyongyang a admis en 2002 l'enlèvement de 13 Japonais pour former ses espions à la langue et la culture japonaises. Un mois après ces aveux, cinq ont été autorisés à rentrer au Japon. Tokyo compte au moins 17 kidnappés et soupçonne des dizaines d'autres disparitions d'être le fait des services nord-coréens.


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