Des Saoudiennes assistent au festival de Jenadriyah, à 50 km au nord de Riyad, le 22 février 2014, en Arabie Saoudite. Photo AFP/FAYEZ NURELDINE
Des militants saoudiens des droits des femmes détenus depuis près d'un an à la suite d'une vague de répression visant les activistes vont être traduits en justice, ont indiqué vendredi des médias étatiques saoudiens.
Une dizaine de militants, hommes et femmes, ont été arrêtés en Arabie saoudite en mai 2018, juste avant la levée historique de l'interdiction de conduire pour les Saoudiennes, le mois suivant. La plupart d'entre eux avaient été accusés de trahison et de saper la stabilité du royaume. Certains avaient été ensuite libérés.
"Le parquet souhaite annoncer qu'il a terminé l'enquête et préparé l'acte d'accusation (...) et renverra l'affaire devant la cour compétente", a rapporté vendredi l'agence officielle SPA dans un court communiqué.
L'agence n'a pas identifié les accusés et n'a pas donné de dates concernant la procédure judiciaire.
Selon des organisations de défense des droits humains et leurs familles, certaines personnes emprisonnées ont subi des mauvais traitements voire ont été torturées lors de leur détention.
Riyad a rejeté ces allégations.
"Le procureur général souhaite affirmer que tous les détenus dans cette affaire jouissent de tous leurs droits selon les lois dans le royaume", a ajouté SPA.
"Ces militants des droits des femmes devraient être libérés de détention pour leur militantisme pacifique, et non faire l'objet d'un procès", a dénoncé Samah Hadid, directrice des campagnes d'Amnesty International au Moyen-Orient.
"Les autorités saoudiennes poursuivent leur répression", a-t-elle ajouté.
Aziza al-Yousef, une professeure à la retraite, et Loujain al-Hathloul, 29 ans, --détenue pendant plus de 70 jours en 2014 pour avoir tenté de conduire vers l'Arabie saoudite depuis les Emirats arabes unis voisins-- font partie des militantes encore derrière les barreaux.
Après leur arrestation, des journaux proches du pouvoir avaient publié des portraits de militants barrés du mot "traître" en rouge.


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