Clásicos Real-Barça en série : dans ce genre d’enchaînement, les mêmes ingrédients peuvent curieusement donner des matches très différents. Quatre clásicos en l’espace de dix-huit jours, tel avait été le copieux programme que le sort avait réservé aux deux clubs au printemps 2011, au plus fort de la rivalité entre le FC Barcelone de Pep Guardiola et le Real Madrid de José Mourinho.
Tout a commencé avec la 32e journée du championnat d’Espagne (LaLiga), au stade Santiago-Bernabeu. À l’aller, Barcelone avait humilié Madrid (5-0) – une « manita » – et l’équipe merengue abordait le choc retour déjà distancée en LaLiga, à huit points du leader blaugrana, mais avec un honneur à laver. Mourinho donne un avant-goût de son plan pour les autres matches de la série : un schéma ultraconservateur avec le rugueux défenseur Pepe repositionné comme milieu défensif. Et le match retour accouche d’un nul (1-1), un penalty de Cristiano Ronaldo (82e minute) répondant à un penalty de Lionel Messi (53e).
Quatre jours plus tard, au stade Mestalla de Valence, revoilà les mêmes protagonistes avec le trophée de la Coupe du roi en jeu. Le match, très heurté, s’achèvera avec huit cartons jaunes, dont deux pour Angel Di Maria. Auparavant, en prolongation, Di Maria a eu le temps de déposer un centre sur la tête de Ronaldo, buteur providentiel (103e minute), pour offrir le sacre au Real. Une libération pour les Madrilènes qui, depuis 2008, ne battaient plus le Barça, dominateur dans toutes les compétitions. Pour l’anecdote, pendant les cérémonies de célébration de ce titre, du haut d’un bus à impériale, Sergio Ramos fera tomber le trophée qui sera très endommagé en passant sous les roues du véhicule...
Le Barça aurait pu être affecté par cette finale perdue, mais il n’en est rien. Voici venir la Ligue des champions et une demi-finale à l’odeur de soufre entre les deux grands rivaux du football espagnol. La tension atteint des sommets. Dans ce match aller, Pepe reçoit un carton rouge direct (60e minute) après un choc avec Dani Alves. Ensuite, Messi fait la différence presque à lui tout seul : une reprise à bout portant au premier poteau (77e), puis un incroyable slalom parmi quatre défenseurs avant de conclure (87e), ouvrant la voie de la finale au Barça. Mourinho, échaudé par l’exclusion de Pepe, en fait des tonnes en conférence de presse et accuse l’UEFA de protéger les Barcelonais. La réponse ne tardera pas. Dans une conférence de presse mémorable, la veille de la demi-finale retour, Pep Guardiola abandonne son flegme habituel et répond frontalement à Mourinho : « Dans cette salle de presse, il est le putain de chef, le putain de patron, Monsieur je-sais-tout, et je ne veux pas rivaliser avec lui sur ce terrain un seul instant. » Dans cette atmosphère irrespirable, de nouvelles polémiques arbitrales plombent le match retour, mais le score tourne en faveur d’une qualification du Barça : 1-1, buts de Pedro (54e) et Di Maria (64e). Les Catalans filent en finale à Wembley, où ils remporteront la quatrième de leurs cinq Ligues des champions, au terme de cette série de clásicos restée dans les mémoires.
Source : AFP

