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Liban

La Suisse suspend toute livraison d’armes au Liban

Sécurité

La République helvétique estime que le risque d’une transmission de matériel de guerre à un destinataire final non souhaité est devenu élevé.

OLJ
22/02/2019

La Suisse a annoncé hier avoir décidé de suspendre toute livraison d’armes au Liban, en raison d’un risque élevé de transmission de ce matériel à des destinataires non souhaités. La décision a d’abord été rendue publique par le Secrétariat d’État suisse à l’Économie (SECO) puis confirmée hier soir par l’ambassadrice de Suisse à Beyrouth, Monika Schmutz Kirgöz.

« La Suisse a décidé de ne plus livrer de matériel de guerre au Liban, tant qu’elle ne pourra pas contrôler la destination finale des armes vendues », a annoncé hier le SECO. Dans un communiqué, cette instance a indiqué que 10 fusils d’assaut et 30 pistolets-mitrailleurs avaient été exportés en 2016 au Liban, mais que lors d’un contrôle sur place en mars 2018, seules 9 armes avaient pu être retrouvées.

Par l’intermédiaire de l’ambassade de Suisse à Beyrouth, le SECO a tenté à plusieurs reprises de retrouver la trace des 31 armes manquantes, sans succès. Selon le SECO, cet armement était destiné exclusivement à des unités chargées de protéger des personnalités politiques, comme par exemple la garde républicaine libanaise. Et le destinataire final s’était engagé à ne pas céder les armes à des tiers sans l’accord écrit de la Suisse, qui était en outre autorisée à faire des vérifications sur place. Une version des faits confirmée par Mme Kirgöz à la chaîne LBCI. « La décision de la Suisse est liée au fait qu’un ancien ministre libanais a acheté quarante armes à la Suisse, dont la plupart ont disparu. Or, il avait accepté lors de la signature du contrat que les autorités suisses puissent s’assurer que les armes n’ont pas été revendues ou données à des parties tierces », a-t-elle raconté. « Une délégation militaire suisse s’est alors rendue au Liban au printemps dernier pour effectuer l’inspection, mais n’a retrouvé chez l’ancien ministre que neuf des quarante armes en question », a ajouté Mme Kirgöz.

« L’ancien ministre ne s’est pas montré coopératif et la délégation a dû rentrer en Suisse sans obtenir de réponses. Le responsable a ensuite été sollicité à deux reprises à ce sujet sans jamais révéler le devenir de ces armes », a souligné l’ambassadrice. « La décision d’interdiction de livraison d’armes prise par la Suisse touche à la vente d’armes aux responsables libanais, voire même à l’armée libanaise. Tout changement au niveau de cette décision devra être relié à une mise au point concernant la disparition des armes vendues à l’ancien ministre », a-t-elle dit.

Le SECO rappelle pour sa part que les deux précédentes inspections menées au Liban en 2013 et 2015 s’étaient déroulées sans incident. Mais il juge désormais que le risque d’une transmission de matériel de guerre à un destinataire final non souhaité est devenu élevé au pays du Cèdre.

L’armée libanaise a pour sa part nié, dans un communiqué publié hier, avoir déjà acheté ou obtenu des donations de matériel militaire suisse.

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Eleni Caridopoulou

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