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Moyen Orient et Monde

Des milliers de personnes mobilisées contre l’antisémitisme

France

Macron promet des « actes forts », mais refuse de pénaliser l’antisionisme.

OLJ
20/02/2019

Des milliers de personnes se sont rassemblées hier en France pour dénoncer la recrudescence des faits antisémites contre lesquels Emmanuel Macron a promis des « actes forts ».

Le chef de l’État s’est rendu dans un cimetière juif profané et au mémorial de la Shoah. « On prendra des actes, on prendra des lois et on punira », a dit Emmanuel Macron au cimetière juif de Quatzenheim (Bas-Rhin), où des croix gammées et des inscriptions ont été tracées dans la nuit sur environ 80 pierres tombales. « Ce sont des actes maintenant que nous prendrons, forts, clairs », a-t-il ajouté, à la veille d’un discours devant le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).

Le nombre de faits antisémites a augmenté de 74 % l’an dernier, après deux années de baisse, passant de 311 en 2017 à 541 en 2018, selon le ministère de l’Intérieur.

Parallèlement, les partis politiques se sont rassemblés – sauf le Rassemblement national qui a organisé un hommage séparé – et les représentants des cultes ont fait une déclaration commune.

Sur la place de la République, à Paris, des milliers de personnes se sont rassemblées pour dire « non » à l’antisémitisme, d’autres mobilisations étant organisées dans d’autres villes. Le Premier ministre, Édouard Philippe, des ministres et des personnalités politiques comme le président des Républicains Laurent Wauquiez ou François Hollande ont participé aux manifestations organisées à l’initiative du Parti socialiste. Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, était à un rassemblement à Marseille.

Le Rassemblement national n’a pas participé à ce que sa présidente, Marine Le Pen, a qualifié d’« énième défilé de convenance instrumentalisé par les partis politiques », dans un courrier de soutien au philosophe Alain Finkielkraut, violemment conspué samedi en marge d’un cortège de gilets jaunes. Marine Le Pen, accompagnée d’autres élus du RN, a déposé des fleurs devant une plaque à la mémoire d’Ilan Halimi, jeune juif torturé et assassiné en 2006, à Bagneux (Hauts-de-Seine).

Appel à un « sursaut

des consciences »

Emmanuel Macron et les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale se sont par ailleurs recueillis au mémorial de la Shoah. Gérard Larcher et Richard Ferrand ont dit « leur détermination commune à ne jamais céder à la haine et à la violence », dans un communiqué commun.

Les préfets devaient déposer au nom du président des roses blanches sur les caveaux de Simone Veil, Jean Zay et Jean Moulin au Panthéon, au pied du monument aux fusillés au mont Valérien, au Vel’ d’Hiv et au mémorial de la Maison d’Isieu.

En outre, les représentants des religions et associations laïques ont fait une déclaration commune pour « réaffirmer l’indéfectible unité de notre communauté nationale » et condamner les actes visant des juifs, qui « meurtrissent la France tout entière ». « Nous en appelons à un sursaut des consciences et à l’engagement de chacun pour lutter fermement contre toute expression antisémite, contre toutes les formes de racisme et de haine qui sont la négation même de ce qui fait la France », ajoutent-ils.

Édouard Philippe a dit vouloir légiférer pour endiguer le « foisonnement des paroles haineuses, antisémites ou racistes, sur les réseaux sociaux », dans un entretien à L’Express. « Je sais que cela se heurte à certains obstacles, et mon objectif n’est pas de contraindre la liberté d’expression. Cela passera par une loi, si possible avant l’été », a-t-il précisé, en ajoutant que le véhicule législatif n’était pas déterminé.

Le gouvernement a présenté jeudi dernier les grandes lignes de son plan d’action contre le cyberharcèlement, qui prévoit entre autres une obligation de retrait des contenus haineux par les plateformes comme Facebook, Twitter, YouTube, et des actions de sensibilisation. Le secrétaire d’État Mounir Mahjoubi avait annoncé qu’une loi serait présentée au deuxième trimestre 2019.

Néanmoins, Emmanuel Macron s’est dit contre une loi punissant l’antisionisme au même titre que l’antisémitisme, demandée par certains députés de sa majorité. « Ceux qui aujourd’hui dans le discours veulent la disparition d’Israël sont ceux qui veulent s’attaquer aux juifs, a-t-il déclaré. Je pense néanmoins que lorsqu’on rentre dans le détail, la condamnation pénale de l’antisionisme pose d’autres problèmes. »

Source : Reuters

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

A QUI SERVENT LES MANIFESTATIONS ANTISEMITES DE CERTAINS VOYOUS ? QUI LES Y POUSSE ?

Yves Prevost

Pour mémoire, en France, dans la même année:
Actes de vandalismes (lieux de culte, cimetières...) recensés par le Ministère de l'Intérieur:
- juifs: 28
- musulmans: 72
- chrétiens: 878

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