Michel Aoun s’entretenant avec Nazih Naggari, l’ambassadeur d’Égypte à Beyrouth. Photo Dalati et Nohra
Le président de la République, Michel Aoun, a reçu hier l’ambassadeur d’Égypte à Beyrouth, Nazih Naggari. L’occasion pour ce dernier de remettre au chef de l’État une invitation au sommet euro-arabe prévu à Charm el-Cheikh, les 24 et 25 février. Mais le flou entoure toujours la décision finale de M. Aoun de participer ou pas à ce sommet.
Dans un message adressé à son homologue libanais, le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi a incité M. Aoun à prendre part à cette réunion euro-arabe, « dans la mesure où elle constitue une opportunité pour établir des relations euro-arabes spéciales, et renforcera la coopération dans les divers domaines », comme on peut lire dans le message. « Je suis convaincu qu’Arabes et Européens entendent œuvrer ensemble, en tant que partenaires, afin de renforcer la sécurité et la stabilité sur le double plan régional et international et d’assurer la prospérité de leurs peuples ». Selon notre correspondante Hoda Chédid, le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmad Aboul Gheit, a, lui aussi, incité Michel Aoun, qu’il a rencontré lundi dernier à Baabda, à participer à la réunion prévue en Égypte.
Mais le chef de l’État n’a pas encore donné sa réponse. Un éventuel refus de sa part d’y participer serait, selon notre correspondante, une riposte au boycottage arabe quasi généralisé du sommet économique arabe tenu à Beyrouth, les 19 et 20 janvier dernier. Pour rappel, le président égyptien ainsi que le chef d’État tunisien, Beji Caïd Essebsi, avaient été parmi les premiers dirigeants arabes à confirmer leur présence au sommet de Beyrouth. Sauf que la crise politique suscitée par l’opposition du président de la Chambre, Nabih Berry, à la participation de la Libye à cette réunion, avec en toile de fond l’affaire Moussa Sadr, fondateur du mouvement Amal (actuellement dirigé par le chef du législatif), et qui n’avait pas tardé à se traduire par des troubles dans la rue, avait poussé la plupart des leaders arabes à boycotter l’événement.
Outre la réunion de Charm el-Cheikh, Michel Aoun temporise toujours au sujet de sa présence au sommet arabe annuel, prévu à Tunis en mars. Selon l’agence al-Markaziya, la décision finale du chef de l’État sur ce plan est tributaire aussi bien du niveau de représentation que de l’ordre du jour de la réunion.

