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Le Liban pleure Robert Ghanem, figure de proue de la vie parlementaire

disparition

Hariri : « Nous perdons un collègue particulièrement cher, un véritable ami et un noble député qui a donné une valeur ajoutée à la vie parlementaire au Liban. »

OLJ
12/02/2019

Le Liban politique fera ses adieux aujourd’hui à l’une des figures de proue de sa vie parlementaire, Robert Ghanem (76 ans), emporté la semaine dernière par une crise cardiaque. À l’issue de ses obsèques, qui seront célébrées ce midi en la cathédrale Saint-Georges des maronites, la dépouille mortelle du député disparu sera transportée à son village natal de Saghbine (Békaa-Ouest), où l’absoute et la mise en terre auront lieu.

Né en 1942 à Saghbine, fils de l’ancien commandant en chef de l’armée libanaise, Iskandar Ghanem, Robert Ghanem avait entamé sa carrière politique en 1962, en tant que secrétaire de la commission parlementaire des Affaires étrangères, alors même qu’il poursuivait encore ses études à la prestigieuse faculté de droit de l’Université Saint-Joseph.

Trente ans plus tard, en 1992, il faisait son entrée au Parlement en tant que député de la circonscription de Rachaya-Békaa-Ouest, un siège qu’il conservera plusieurs dizaines d’années, se faisant un nom comme grand législateur. En 1995, il est nommé ministre de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports dans le gouvernement de Rafic Hariri.

En 2004, il s’oppose à l’adoption d’un amendement constitutionnel reconduisant le président Émile Lahoud à la tête de l’État et annonce sa candidature à la présidentielle. Il finit par se retirer à la demande de Rafic Hariri. Trois ans plus tard, il se désiste à nouveau de la présidentielle en faveur de Michel Sleiman. Député indépendant, il est toutefois proche du mouvement du 14 Mars et fait partie dès 2005 du groupe parlementaire du courant du Futur.

Lors de la campagne électorale de 2018, il annonce la fin de ses 26 ans de carrière parlementaire, au cours de laquelle il s’est notamment illustré à la tête de la commission de l’Administration et de la Justice.

Robert Ghanem était marié à la journaliste Viviane Haddad, ancienne collègue au quotidien Le Jour puis à L’Orient-Le Jour. Il a deux fils, Alexandre et Nadim.


Les hommages

En Robert Ghanem, « nous perdons un collègue particulièrement cher, un véritable ami et un noble député qui a donné une valeur ajoutée à la vie parlementaire au Liban. Il était un exemple de fidélité, d’humanité et de politesse », a déclaré en apprenant son décès le président du Conseil, Saad Hariri, depuis Dubaï, où il se trouvait dimanche pour le Sommet mondial des gouvernements. « En mon nom et au nom du gouvernement libanais, je présente mes condoléances à sa famille et aux habitants de la Békaa-Ouest », dont Robert Ghanem a été député pendant de nombreuses années.

La classe politique libanaise et plus particulièrement les figures du 14 Mars ont été unanimes à rendre de vibrants hommages à l’ancien député et ministre.

« Avec Robert Ghanem, le Liban a perdu un grand parlementaire et constitutionnaliste. C’est une grande perte. C’est une part du Liban originel et séculaire qui s’en va malheureusement, mais c’est la vie », a réagi de son côté le leader druze Walid Joumblatt à l’issue d’un entretien avec le président du Parlement, Nabih Berry.

Deux ministres ont également réagi. « J’ai appris avec une grande tristesse le décès de mon ami Robert Ghanem. Aujourd’hui, le Liban a perdu un ancien ministre et un ancien député, un homme d’État sobre et solennel, ainsi qu’un grand législateur qui travaillait dans le calme et avec ténacité pour créer la notion d’État », a déclaré la ministre d’État pour le Développement administratif, May Chidiac (Forces libanaises).

De son côté, le ministre de l’Information, Jamal Jarrah (courant du Futur), a affirmé qu’il avait perdu « un frère, un ami et un collègue ». « Il était un grand avocat, un ministre et un député responsable qui a consacré sa vie au service de la Békaa et du Liban avec dévouement, objectivité, intégrité et modération », a-t-il ajouté.


Respect des institutions

Pour sa part, le ministre de l’Industrie Waël Bou Faour (PSP, Joumblatt) a déclaré que Robert Ghanem « connaissait vraiment la loi et la Constitution ». « Mais sa plus grande valeur, c’est qu’il respectait les deux », a-t-il ajouté.

Plusieurs députés, issus de différents blocs parlementaires, ont également rendu hommage à Robert Ghanem, dont Roula Tabch Jaroudi, députée de Beyrouth du courant du Futur, Nagib Mikati, député de Tripoli, Nadim Gemayel, député Kataëb d’Achrafieh, ou Neemat Frem, député du Kesrouan et membre du groupe parlementaire du Liban fort, dont le Courant patriotique libre est la principale composante.

L’ancien président Michel Sleiman et l’ancien député Boutros Harb ont également adressé leurs condoléances à la famille du disparu.


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