X

Moyen Orient et Monde

Rohani : La République islamique vaincra le « complot » américain

Iran
OLJ
12/02/2019

Le président iranien Hassan Rohani a proclamé hier que le « complot » américain contre la République islamique était voué à l’échec, pour le 40e anniversaire de la révolution, célébré par une foule monstre dans le centre de Téhéran.

Dès hier matin, les habitants de la capitale avaient commencé à converger vers la place Azadi (Liberté en persan), où M. Rohani s’est adressé à la foule en fin de matinée, sous une pluie battante – perçue comme une bénédiction dans un pays aussi aride.

« La présence du peuple aujourd’hui dans les rues de toute la République islamique d’Iran (...) signifie que l’ennemi n’atteindra jamais ses objectifs démoniaques », a déclaré M. Rohani, après avoir dénoncé un « complot » des États-Unis, des « sionistes » et des États « réactionnaires » du Moyen-Orient contre son pays.

Défilant devant des stands tenus par des institutions officielles ou paragouvernementales et offrant du thé ou des gâteaux, la foule de tous âges n’a cessé de grossir tout au long de la matinée. Jour férié, le 22 bahman du calendrier iranien commémore le renversement du régime impérial du chah Mohammad Reza Pahlavi, le 11 février 1979, dix jours après le retour d’exil triomphal de l’ayatollah Ruhollah Khomeyni, père fondateur de la République islamique. Femmes en tchadors, jeunes enfants coiffés d’un bonnet et ballon de baudruche à la main, hommes en tenues sombres, bassidjis (miliciens islamiques) en treillis et clercs enturbannés ont défilé tandis qu’un hélicoptère passait dans le ciel gris. Sur une voie de bus, deux répliques de missiles balistiques, de fabrication locale, sont exposées ; un peu plus loin, ce sont des maquettes grandeur nature de missiles de croisière qui sont présentées au public.

« Mort à l’Amérique »

La foule agite de nombreux drapeaux vert, blanc et rouge, les couleurs nationales, qui pavoisent aussi la tour Azadi, monument emblématique de Téhéran qui avait été inauguré en 1971 par le dernier chah à l’occasion des fêtes marquant le 2 500e anniversaire de l’Empire perse. Au milieu des parapluies sont brandis des milliers de bannières, pancartes ou portraits du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, ou du fondateur de la République islamique, l’ayatollah Ruhollah Khomeyni. « Mort à l’Amérique », « À bas l’Angleterre », « Mort à Israël », « Nous piétinerons les États-Unis », « 40 ans de défis, 40 années de défaites pour les États-Unis », « Israël ne vivra pas 25 ans de plus », pouvait-on lire sur certaines.

Le quarantième anniversaire de la révolution suit un rituel bien établi : comme les années précédentes, les festivités de la place Azadi devaient inclure un lâcher de ballons, un lâcher de fleurs par hélicoptère, des chorales, un atterrissage de parachutistes, des prières, harangues et slogans révolutionnaires, selon le programme officiel. Diffusant des images de foules rassemblées à Téhéran et dans de nombreuses villes iraniennes, la télévision d’État a mis en garde contre la désinformation de « certains médias étrangers hostiles » soupçonnés de vouloir ternir l’anniversaire en minimisant les chiffres de la mobilisation populaire.

Le retrait US de l’accord nucléaire

Pour l’Iran, ce 40e anniversaire survient dans une période de difficultés économiques et de tensions renouvelées avec les États-Unis. Les retombées commerciales et financières espérées de l’accord sur le nucléaire signé en 2015 avec la communauté internationale ne se sont guère concrétisées, et le pays souffre du rétablissement des sanctions américaines consécutif au retrait unilatéral des États-Unis de ce pacte en 2018. Le retrait américain de l’accord nucléaire et la politique ouvertement hostile de l’Amérique du président Donald Trump ont suscité un regain de tension avec Washington, où certains responsables n’hésitent pas à appeler de leurs vœux un « changement de régime ». « Nous sommes ici pour soutenir la République islamique, a dit un retraité du service public. Il y a des problèmes aujourd’hui, nous sommes comme un cycliste à qui l’on mettrait des bâtons dans les roues. » « À part ça, jure-t-il, pour le 40e anniversaire de la révolution, nous sommes à la pointe dans tous les domaines scientifiques, comme les nanotechnologies ou les missiles de précision. »

Amir HAVASI/AFP

À la une

Retour à la page "Moyen Orient et Monde"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Wlek Sanferlou

« Israël ne vivra pas 25 ans de plus »...ah nooon! 25 ans de plus! C'est précis, c'est vrai, mais c'est long.
Nos fusées intelligentes seraient alors au stage de la débilité mentale et commenceront à radoter ...walaw! Soyons sérieux.

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Cana, 23 ans après, le souvenir et les leçons

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.