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En Ukraine, l'ex-président Ianoukovitch condamné à 13 ans de prison pour trahison

Un juge lisant la l'ex-président ukrainien Viktor Ianoukovitch à 13 ans de prison pour "haute trahison", à Kiev, en Ukraine, le 24 janvier 2019. REUTERS/Valentyn Ogirenko

L'ex-président ukrainien Viktor Ianoukovitch, réfugié en Russie depuis sa destitution en 2014 après un soulèvement populaire pro-occidental, a été condamné jeudi à 13 ans de prison pour "haute trahison" en Ukraine où son procès s'est déroulé en son absence.

Un tribunal de Kiev, la capitale ukrainienne, "a décidé de reconnaître coupable" M. Ianoukovitch, 68 ans, et de "le condamner à une peine de 13 ans de prison", a annoncé le juge Vladislav Deviatko.

Selon le tribunal, "par ses actes illégitimes prémédités, M. Ianoukovitch a commis un crime sapant les fondements de la sécurité nationale ukrainienne (...)", à savoir "une haute trahison", a-t-il expliqué.

L'ancien dirigeant ukrainien a également été reconnu coupable de "complicité dans la mise en place d'une guerre agressive contre l'Ukraine", selon la même source.

L'avocat de Viktor Ianoukovitch a aussitôt annoncé son intention de faire appel de cette condamnation.

Elu président de l'Ukraine en 2010, M. Ianoukovitch avait fui en février 2014 à Rostov-sur-le-Don, dans le sud de la Russie, après plusieurs semaines d'une contestation pro-européenne à Kiev réprimée dans le sang. Il avait été destitué le 22 février 2014 par le Parlement.

Le président russe Vladimir Poutine a par la suite révélé que cette fuite avait été rendue possible grâce à une opération spéciale élaborée à Moscou et destinée à exfiltrer Viktor Ianoukovitch.


"Haute trahison"
L'ex-président ukrainien a été accusé de "haute trahison" en Ukraine pour avoir notamment demandé à M. Poutine d'envoyer des troupes russes en Ukraine après sa fuite en Russie.

Les nouvelles autorités pro-occidentales de Kiev ont exigé à plusieurs reprises l'extradition de M. Ianoukovitch dont le procès s'est déroulé en Ukraine depuis 2017.

La contestation pro-européenne du Maïdan, qui avait pris forme sur la place centrale de Kiev le 21 novembre 2013, s'était terminée trois mois plus tard après une sanglante répression et la mort d'une centaine de manifestants et d'une vingtaine de policiers dans des affrontements.

L'arrivée des pro-européens au pouvoir a été suivie par l'annexion en mars 2014 de la péninsule de Crimée par la Russie, et par le déclenchement d'un conflit avec des séparatistes prorusses dans l'Est du pays qui a fait à ce jour plus de 10.000 morts.

En 2016, lors d'une conférence de presse à Rostov-sur-le-Don, Viktor Ianoukovitch a assuré que sa seule erreur était de "n'avoir pas appelé l'armée et introduit la loi martiale" pour mettre fin aux troubles qui aboutiront à sa destitution.

"Ma principale erreur: je n'ai pas pu, je n'ai pas trouvé la force de signer le décret sur l'appel à l'armée et l'introduction de la loi martiale", a-t-il alors déclaré.

Mécanicien, puis patron d'une entreprise de transport, il a été nommé gouverneur de Donetsk (Est de l'Ukraine) en 1997 - à une époque où les luttes de clans, ponctuées de règlements de compte, faisaient rage pour le contrôle des usines métallurgiques de la région.

En 2002-2004, il a été Premier ministre sous l'ancien président Leonid Koutchma, avant de remporter l'élection présidentielle en 2004.

Sa victoire jugée frauduleuse à ce scrutin s'est cependant terminée par la Révolution orange.

En 2010, il a été élu à la présidence de l'Ukraine, en prônant une politique d'équilibre entre la Russie et l'Union européenne.

Mais en automne 2013, son refus de signer l'accord d'association avec l'UE a fait descendre dans la rue des centaines de milliers d'Ukrainiens.

L'ex-président ukrainien Viktor Ianoukovitch, réfugié en Russie depuis sa destitution en 2014 après un soulèvement populaire pro-occidental, a été condamné jeudi à 13 ans de prison pour "haute trahison" en Ukraine où son procès s'est déroulé en son absence. Un tribunal de Kiev, la capitale ukrainienne, "a décidé de reconnaître coupable" M. Ianoukovitch, 68 ans, et de "le condamner à une peine de 13 ans de prison", a annoncé le juge Vladislav Deviatko. Selon le tribunal, "par ses actes illégitimes prémédités, M. Ianoukovitch a commis un crime sapant les fondements de la sécurité nationale ukrainienne (...)", à savoir "une haute trahison", a-t-il expliqué. L'ancien dirigeant ukrainien a également été reconnu coupable de "complicité dans la mise en place d'une guerre agressive contre l'Ukraine",...