Les chefs de la diplomatie russe et japonaise ont tenté lundi à Moscou de surmonter le regain de tensions récent autour des îles Kouriles pour progresser dans la résolution de ce différend territorial qui empoisonne leurs relations depuis près de 75 ans.
"C'est une question très difficile, héritée de la Seconde guerre mondiale", a reconnu le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en accueillant son homologue Taro Kono, disant s'attendre à un dialogue "franc".
La question des quatre îles des Kouriles du Sud, appelées Territoires du Nord au Japon et annexées par l'Union soviétique en 1945, continue d'empoisonner les relations entre Moscou et le Japon.
En novembre, Vladimir Poutine et Shinzo Abe ont convenu à Singapour d'accélérer les pourparlers pour mettre fin officiellement au conflit les opposant depuis 1945. Dans cette optique, ils ont annoncé vouloir remettre sur la table une déclaration commune datant de 1956 et se pencher sur le sort de quatre îles disputées.
Ces déclarations ont cependant été suivies d'un regain de tensions, aboutissant à la convocation la semaine dernière de l'ambassadeur japonais à Moscou au ministères des Affaires étrangères pour reprocher à Tokyo de "déformer" les accords entre Vladimir Poutine et Shinzo Abe et de vouloir "imposer son propre scénario".
Sergueï Lavrov a "appelé" lundi son homologue japonais "à respecter strictement les accords entre nos leaders".
Taro Kono a, lui, appelé les deux parties à "accélérer les négociations et à aller au delà des limites des positions précédentes".
Lors de ses vœux de Nouvel An, Shinzo Abe a affirmé que les habitants russes des îles disputées devaient se préparer à "un changement de souveraineté" et que l'année 2019 verrait la signature d'un traité de paix, irritant la Russie.
Moscou martèle que sa position reste invariable et que le Japon doit accepter les conséquences de la Seconde guerre mondiale, y compris la souveraineté de la Russie sur les îles.
Mi-décembre, Moscou a annoncé la construction de baraquements militaires sur deux îles de l'archipel des Kouriles, suscitant une réaction contrariée du Japon.


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