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Moyen Orient et Monde

Les autorités redoutent un regain de mobilisation samedi

Gilets jaunes

La confiance dans le président Emmanuel Macron est à son plus bas historique (23 %).

OLJ
12/01/2019

« Plus forte » et « plus radicale » : les autorités françaises redoutent un regain de mobilisation pour le neuvième samedi de manifestations des gilets jaunes, au grand dam d’Emmanuel Macron qui peine depuis près de deux mois à dénouer la pire crise de son mandat.

La semaine dernière, 50 000 manifestants avaient défilé dans les rues des principales villes françaises, sonnant ainsi le réveil du mouvement qui secoue la France depuis la mi-novembre et qui avait connu un essoufflement en fin d’année. Ce nouveau samedi de manifestations, qui pourraient se focaliser sur Paris et Bourges, aura valeur de test pour l’exécutif français. Mardi doit commencer le grand débat lancé par le gouvernement français pour tenter de sortir de la crise des gilets jaunes, ces citoyens de la France rurale et périurbaine mobilisés contre la politique fiscale et sociale du gouvernement.Le patron de la police nationale, Éric Morvan, anticipe « qu’on puisse revenir à un niveau de mobilisation qui se situe avant les fêtes de Noël ». Le 15 décembre, le mouvement avait rassemblé 66 000 personnes partout en France, selon des chiffres officiels régulièrement contestés par les gilets jaunes. À Paris, le préfet de police Michel Delpuech s’attend, lui, à « plus de radicalité ». « Nous observons semaine après semaine une dérive vers des comportements de plus en plus violents », a-t-il commenté.

Les rassemblements du 5 janvier avaient été émaillés de violences spectaculaires dans la capitale, entre l’intrusion de manifestants dans un ministère avec un engin de chantier et les images d’un ex-boxeur, Christophe Dettinger, frappant des gendarmes sur une passerelle au-dessus de la Seine, à Paris. L’exécutif prévoit un dispositif de sécurité massif, qui retrouve son niveau de la mi-décembre : 80 000 policiers et gendarmes devraient être mobilisés samedi à travers la France, dont 5 000 à Paris. La capitale verra également le retour des véhicules blindés à roues de la gendarmerie, rarement utilisés pour le maintien de l’ordre.

« Les habitants inquiets »

Ce regain du mouvement inquiète les acteurs de l’économie française, notamment dans le secteur du tourisme. Les manifestations violentes ont refroidi nombre de touristes étrangers, avec un repli de 5 à 10 % des arrivées aériennes internationales à Paris en décembre. Du côté de l’exécutif et de la majorité, la gestion sécuritaire de cette journée sera cruciale avant l’ouverture du grand débat lancé par l’exécutif pour répondre à la crise, mais dont la mise en œuvre a fait l’objet de valses-hésitations de la part du gouvernement.

Un rendez-vous qui s’annonce délicat pour le gouvernement alors qu’une enquête d’un institut français de recherches politiques, le Cevipof, montre que la défiance des Français vis-à-vis des responsables politiques atteint un niveau « alarmant », après l’échec d’Emmanuel Macron à insuffler un nouvel espoir. La confiance dans le président est ainsi à son plus bas historique (23 %), soit 13 points de moins que l’an passé. Et le nombre des sondés qui déclarent qu’ils avaient confiance en lui au départ mais qu’ils n’ont plus confiance aujourd’hui a doublé en un an, de 13 % à 26 %, selon le Cevipof.

Nouveauté ce samedi, Paris ne sera peut-être pas le seul épicentre de cette contestation protéiforme qui fragilise le gouvernement depuis près de deux mois. Une partie des manifestants visent comme d’habitude la capitale, mais une deuxième action de grande ampleur est annoncée à Bourges, dans le centre de la France. Sans attendre, les autorités locales ont interdit tout rassemblement dans le centre historique de la ville. Une manifestation pacifique doit pouvoir circuler sur les boulevards autour du centre. La municipalité prend également ses précautions : elle a démonté ses horodateurs et son mobilier urbain, sécurisé les chantiers et fermera ses musées, jardins et bâtiments publics. Les habitants sont « inquiets », selon le maire Pascal Blanc. Comme lors des précédentes journées d’action nationale, d’autres manifestations sont prévues dans plusieurs villes, ainsi que des blocages.

Source : AFP

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