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Moyen Orient et Monde - Arabie

Quand Riyad censure Netflix à cause d’une critique contre MBS

Un épisode de l’émission « Patriot Act with Hasan Minhaj » a été retiré de la plateforme en Arabie saoudite à la demande du royaume.


Capture d’écran de l’épisode de « Patriot Act with Hasan Minhaj » censuré sur Netflix à la demande de Riyad.

La censure continue de bien se porter dans le royaume wahhabite. À la demande de Riyad, le géant américain Netflix a retiré un épisode de l’émission Patriot Act with Hasan Minhaj de sa plateforme en Arabie saoudite la semaine dernière. L’information, révélée mardi par le Financial Times, puis confirmée hier par Netflix, a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux alors que Riyad et surtout le prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane (alias MBS), se sont récemment trouvés sous le feu des critiques internationales suite à l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat de son pays à Istanbul le 2 octobre dernier. Dans l’épisode, diffusé quelques semaines après l’affaire Khashoggi, l’humoriste dresse un portrait acerbe de la politique intérieure et internationale menée par MBS. « C’est le moment de réévaluer notre relation avec l’Arabie saoudite. Et je dis ça en tant que musulman et en tant qu’américain », y affirme l’humoriste américain Hasan Minhaj. « Il y a des gens en Arabie saoudite qui luttent pour de vraies réformes, mais MBS n’est pas l’un d'eux », poursuit-il.

Pendant dix-huit minutes, Hasan Minhaj passe en revue la relation entre Washington et Riyad, l’importance des investissements saoudiens dans la Silicon Valley, le projet Vision 2030 du prince héritier visant à diversifier l’économie saoudienne, le droit de conduire accordé aux Saoudiennes en juin dernier, la répression contre les militants politiques et le conflit au Yémen, le tout sur un ton satirique. « Les prisons se remplissent en Arabie saoudite, des centaines de personnes sont en détention, y compris des critiques de MBS et des militants politiques », dit l’humoriste dans l’épisode censuré. « Même les exécutions sont en hausse, le pays est en passe d’exécuter plus de 2 000 personnes d’ici à 2030. Voici la vision 2030 dont personne ne parle », lance-t-il.

Des propos qui n’ont clairement pas été du goût de Riyad. Dans sa requête adressée à Netflix pour demander le retrait de l’épisode en Arabie saoudite, la commission saoudienne de la communication et de l’informatique a cité l’article 6 de la loi saoudienne contre la cybercriminalité qui interdit « la production, la préparation, la transmission ou le stockage de matériel portant atteinte à l’ordre public, aux valeurs religieuses, les mœurs publiques et à la vie privée, via le réseau télévisé ou informatique ». Une loi aux termes suffisamment vagues, permettant ainsi de régulièrement l’appliquer sur la toile aux discours perçus comme trop dérangeants par Riyad.


« Scandaleux »

Dans un communiqué, Netflix a déclaré avoir « seulement retiré cet épisode en Arabie saoudite après avoir reçu une requête légale valide et pour nous conformer à la législation locale ». Une réponse qui n’a pas convenu à de nombreux internautes qui se sont empressés de faire part de leur mécontentement en ligne tandis que certains ont annoncé avoir résilié leur abonnement jusqu’à ce que l’épisode soit à nouveau disponible sur la plateforme saoudienne de Netflix. « Hasan Minhaj de Patriot Act a été une voix forte, honnête et (drôle) défiant l’Arabie saoudite et Mohammad ben Salmane à la suite du meurtre de Khashoggi. Il a attiré l’attention sur le Yémen », a écrit sur son compte Twitter Karen Attiah, l’éditrice qui a embauché Jamal Khashoggi au Washington Post en 2017. « Assez scandaleux que Netflix ait retiré l’un de ses épisodes critiquant l’Arabie saoudite », a-t-elle fustigé.

Alors que le royaume wahhabite contrôle l’accès aux réseaux sociaux et le contenu disponible aux utilisateurs dans le pays d’une main de fer, « la liberté sur internet en Arabie saoudite a diminué en 2018 en raison d’une intolérance croissante à l’égard de toutes les formes de dissidence politique, sociale et religieuse », note sur son site l’ONG Freedom House. MBS « a initié une consolidation chaotique du pouvoir (...), avec des conséquences désastreuses pour la liberté d’expression et les droits de l’homme en général », est-il indiqué.

Très populaire, notamment auprès des jeunes, Netflix offre une large sélection de séries et de films en ligne et compte plus d’une centaine de millions d’abonnés au total. Un succès qui pourrait avoir influencé la requête de Riyad alors que des articles de presse au contenu similaire à celui de l’épisode sur l’Arabie saoudite et MBS de Patriot Act with Hasan Minhaj sont disponibles, dans une moindre mesure, dans le pays. Si l’épisode a été retiré de Netflix, il reste toutefois disponible sur YouTube en Arabie saoudite, a précisé hier la compagnie américaine.


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commentaires (2)

FAUT PAS S,ETONNER... C,EST LA REACTION NORMALE DE L,UNE DES DEUX FACES DE LA MEME MONNAIE DU PROFOND OBSCURANTISME !

LA LIBRE EXPRESSION NE COMMENTE PAS.ELLE CONSEILLE

18 h 08, le 03 janvier 2019

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Commentaires (2)

  • FAUT PAS S,ETONNER... C,EST LA REACTION NORMALE DE L,UNE DES DEUX FACES DE LA MEME MONNAIE DU PROFOND OBSCURANTISME !

    LA LIBRE EXPRESSION NE COMMENTE PAS.ELLE CONSEILLE

    18 h 08, le 03 janvier 2019

  • L'AS n'a pas bougé d'un iota malgré ses mises en scène de progrès factice. Ouf! Leur honneur archaïque est sauf, sauf votre respect lol.

    Tina Chamoun

    14 h 30, le 03 janvier 2019

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