Michael Schumacher, le 12 octobre 2006. Le 3 janvier 2019, la Fondation Keep Fighting, fondée par la famille du pilote de F1, lancera une application pour les fans. Elle produit aussi des émoticônes baptisées « schumojis ». José Luis Roca/AFP
Référence absolue de la F1, Michael Schumacher vit au ralenti depuis cinq ans et son accident de ski, le 29 décembre 2013 : le septuple champion du monde va fêter ses 50 ans le 3 janvier 2019, et son état de santé, précaire, reste un secret soigneusement gardé par ses proches. La famille n’a jamais voulu communiquer sur ce sujet, mais de l’avis de neurologues réputés, le pilote allemand, techniquement sorti du coma, est forcément dans un état végétatif.
Début décembre, Jean Todt, président de la Fédération internationale de l’automobile (FIA) et ex-patron de Schumacher chez Ferrari, a révélé au quotidien allemand Bild être passé voir son ancien pilote en Suisse, à Gland, le week-end du Grand Prix du Brésil. Pour le tabloïd, la rencontre est forcément devenue : « Todt et Schumacher ont regardé le GP du Brésil ensemble », ce qui n’a pas été démenti par la FIA. Mais l’état de conscience de Schumi (abréviation affectueuse qui lui a été attribuée), assis ou allongé, reste un secret médical bien gardé, y compris quand il regarde les courses de son fils Mick à la télévision, au bord du lac Léman.
Muets sur l’état réel du pilote le plus titré de la F1, ses proches sont toutefois actifs via les médias numériques. « Nous sommes en contact avec de nombreux fans grâce aux réseaux sociaux. La famille souhaite communiquer autour de l’image forte de Michael et de son 50e anniversaire, plutôt qu’autour de la date du 29 décembre », explique Sabine Kehm, la directrice générale du MS Office. Mme Kehm gère la communication de Schumacher depuis le drame de Méribel. Ce jour-là, Schumi, casqué et accompagné de son fils Mick – alors âgé de 14 ans –, chute à skis à petite allure la tête la première, à cause d’un rocher mal placé, entre deux pistes balisées. Depuis, les infos sont rares et souvent mal interprétées, voire déformées.
Mais la légende du Baron rouge (son surnom) continue d’être écrite par ses proches, à commencer par la Scuderia Ferrari. Une exposition du musée Ferrari à Maranello, qui s’ouvre jeudi, date de son anniversaire, est sobrement baptisée Michael 50. « Notre intention est à la fois de célébrer et de montrer notre gratitude pour le pilote ayant obtenu le plus de succès dans toute l’histoire du Cheval cabré », écrit Ferrari au sujet de son pilote vedette, cinq fois sacré en rouge (de 2000 à 2004). Tous les détails de sa carrière sont dans la nouvelle application pour téléphones portables qui sera lancée jeudi, en anglais et en allemand : cette « Official Michael Schumacher App » est une sorte de « musée virtuel », selon la Fondation Keep Fighting lancée il y a deux ans par la famille, avec par exemple « des F1 en 3D » et l’enregistrement « du bruit des moteurs ».
Pendant ce temps, la planète F1 continue de tourner, et Mercedes, la dernière écurie de Schumacher (de 2010 à 2012), continue à préparer 2019, après dix titres consécutifs (pilotes et constructeurs) depuis 2014. Grâce à Nico Rosberg et surtout Lewis Hamilton, désormais quintuple champion du monde, comme Juan Manuel Fangio. Rejoindre Schumacher, détenteur de sept titres, après avoir dépassé Alain Prost et Ayrton Senna, entre autres légendes de la F1, c’est le dernier défi de l’Anglais de 33 ans, qui vient de rempiler pour deux ans avec la marque à l’étoile : « Qui sait si j’aurai encore la chance de gagner dans le futur ? En tout cas, je vais faire tout mon possible pour y parvenir », promet-il. Les « 91 victoires (de Schumacher), par exemple, il va falloir un peu de temps pour y parvenir, mais je suis encore en F1 pour quelques années, donc j’espère au moins m’en rapprocher », ajoute Hamilton du haut de ses 73 succès (un GP sur trois)... et 83 pole positions, record absolu.
Michael Jr., objectif F1
Outre Ferrari et Mercedes, qui entretiennent l’héritage de l’immense Schumi, il y a désormais Michael Jr., aujourd’hui âgé de 19 ans. Champion d’Europe de F3, il sera en F2 la saison prochaine, dans l’antichambre de cette F1 dont il a toujours rêvé.
Dans la catégorie « fils de », les trois exemples les plus récents, Damon Hill, Jacques Villeneuve et Nico Rosberg, sont tous devenus champions du monde. Mais l’arrivée éventuelle de Mick Schumacher en F1, en 2020 ou 2021, quels que soit l’écurie ou le moteur, ce sera encore autre chose. Un cran au-dessus. De quoi relancer forcément l’audience de la F1...
Daniel ORTELLI/AFP


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