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Moyen Orient et Monde

L’Iran déterminé à poursuivre ses essais de missiles

Défense

Téhéran répète que son programme est lié à une politique défensive.


OLJ
12/12/2018

L’Iran a confirmé hier avoir mené récemment un test de missile, ne montrant aucun signe de vouloir renoncer à ses activités balistiques condamnées par les Occidentaux. Selon l’agence iranienne FARS, la confirmation de cet essai est venue des gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique d’Iran.

« Nous poursuivons nos essais de missiles, et ce (tir) récent fut un test important », a déclaré le général de brigade Amirali Hajizadeh, commandant de la force aérospatiale des gardiens, cité par cette agence proche des ultraconservateurs. « La réaction américaine montre que ce test était très important pour eux et que cela les a fait pleurer », a ajouté FARS en citant l’officier, selon qui l’Iran mène chaque année 40 à 50 tests de missiles. FARS ne précise ni la date de l’essai ni le type de missile testé ce jour-là, mais cite encore le général Hajizadeh affirmant que la réaction des États-Unis montre que ceux-ci sont « sous la pression » de l’Iran du fait de ce tir.

« Violation » ou « provocation »

Début décembre, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo avait dénoncé ce qu’il avait qualifié de nouvel essai iranien d’un « missile balistique de moyenne portée capable de transporter plusieurs ogives » et « de frapper certaines régions d’Europe et partout au Moyen-Orient ». Condamnant elles aussi le tir de missile, la France et la Grande-Bretagne avaient demandé une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur la question du programme balistique iranien.

Lors de cette réunion, le 4 décembre, les États-Unis, ennemi juré de l’Iran, ne sont pas parvenus à obtenir une « condamnation unanime » de ce tir comme une « violation » des engagements iraniens. Les Américains ne sont pas d’accord avec les Français et les Britanniques sur la façon dont il convient de qualifier les tirs d’essai de missiles balistiques iraniens.

Pour les États-Unis, ces tirs sont une « violation » de la résolution 2231 du Conseil de sécurité ayant endossé l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en juillet 2015 à Vienne, dénoncé unilatéralement par Washington en mai.

Paris et Londres, de leur côté, ne considèrent pas ces essais comme une violation de la 2231 : elles les jugent « non conformes » à cette résolution, estimant qu’elles relèvent de la « provocation ». La question des essais de missiles de la République islamique empoisonne les relations entre l’Iran et les Occidentaux depuis des années. Aux termes de la résolution 2231, « l’Iran est tenu de ne mener aucune activité liée aux missiles balistiques conçus pour pouvoir emporter des charges nucléaires, y compris les tirs recourant à la technologie des missiles balistiques ».

« Malentendu assumé »

Téhéran, qui assure n’avoir aucune intention de se doter de l’arme nucléaire, répète inlassablement que ses projets de conception et de production de missiles relèvent de « la dissuasion » et qu’ils procèdent d’un « programme défensif du pays qui ne (peut) pas être arrêté », ainsi que l’a récemment rappelé le ministère des Affaires étrangères.

Selon un diplomate occidental, il y a « depuis le départ un malentendu assumé des deux côtés » entre Occidentaux et Iraniens sur la question des missiles. Les premiers s’inquiètent de la « menace » que l’Iran ferait peser au Moyen-Orient du fait de son influence jugée par eux « déstabilisatrice » dans certains conflits (Syrie, Irak) où les intérêts de la République islamique et les leurs apparaissent antagonistes. Pour les seconds, qui ne cessent de dénoncer les « complots » de l’Occident au Moyen-Orient et à la périphérie de l’Iran, les inquiétudes de l’Occident sont infondées puisque l’Iran ne veut agresser personne et ne cherche qu’ « à vivre en paix et en sécurité avec le monde », comme l’a dit le président Hassan Rohani.

Après le retrait des États-Unis de l’accord de Vienne, les missiles Iraniens sont plus que jamais dans le viseur de Washington, qui a promis une campagne de « pression maximale » contre la République islamique.

À l’inverse, Londres et Paris disent se battre pour permettre à l’accord de 2015 de survivre au retrait des États-Unis (qui ont depuis réimposé des sanctions économiques contre l’Iran)... tout en répétant leur « préoccupation » vis-à-vis des activités balistiques de l’Iran.

Source : AFP

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