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Culture

Le Musée national en mode fêtes !

Exposition
India ROSE | OLJ
06/12/2018

Il respire le silence, l’élégance, le passé glorieux qui donne une identité au présent et, peut-être, un sens aux choses devenues, hélas, de plus en plus absurdes. Chaque année, on prend les mêmes et on recommence, avec le même plaisir. Et chaque année viennent s’ajouter à la liste des « piliers » de nouveaux venus, pour célébrer la journée « portes ouvertes » à la boutique du Musée national de Beyrouth*. Presque 20 ans qu’à l’approche des fêtes, ce lieu mystique et mythique dissout ses beiges dans les rouges et verts de la célébration, pointe les projecteurs, pendant une journée entière, vers des objets souvent créés exclusivement pour l’occasion.

Organisée comme toujours à l’initiative de la Fondation nationale du patrimoine, et sous l’impulsion de Mona Hraoui, Lama Salam, Leila Ziadé et Nayla Kettaneh Kunig, l’exposition, qui démarre à 9h30 pour finir à 22h30, ce jeudi 6 décembre, est en fait un bel hommage au musée qui profite des ventes pour la conservation des objets archéologiques et la réalisation de son projet d’expansion, indispensable pour lui donner les moyens et l’espace de recevoir encore plus de visiteurs, touristes – et cette année ils ont été très nombreux –, et locaux, fascinés, encore et encore.

Rassemblement donc, pour une journée entière, à la Boutique du musée, animée par l’inaltérable énergie des membres du comité : Lama Salam, Leyla Ziadé et Rana Hadid. Pas de mots d’ordre, pas de thèmes, mais une « inspiration Musée » exigée. « Faites un tour du musée, venez, revenez », ont conseillé ces dames aux artistes, pour sentir et ressentir l’énergie des trésors qui y vivent. Plusieurs tours plus tard, les créateurs, forcément inspirés, ont proposé des objets ludiques, poétiques. Les prix sont toujours accessibles, c’était une condition pour le comité, et le résultat est superbe.


Les fidèles et les nouveaux venus
Les « piliers » d’abord, présents à l’appel chaque année, avec un cru 2018 qui vient de sortir pour l’occasion : Cyrille Najjar, discret surdoué, a fabriqué des décorations exclusives de Noël en laiton doré, qui raviront tous les sapins et leurs propriétaires. Nada Zeineh propose, comme ses pièces et ses collections tout en finesse, des bijoux, bracelets, boucles d’oreilles et colliers inspirés de la nature. Rabih Kayrouz, l’ami fidèle, renouvelle ses foulards en soie déclinés sur le thème des Phéniciens, et dans de nouvelles couleurs – on ne s’en lasse pas – ; le marbrier Elia Loucas a conçu des objets en terrazzo; Alia Mouzannar renouvelle son expérience réussie, en toute discrétion, comme elle l’est, en proposant des tableaux pleins de poésie et de charme de forêts, d’arbres, et même de la Corniche. Bokja, spécialiste du tissu monté, inventé, retravaillé, a créé un sac, un foulard et un... nœud papillon, à sa manière, décalée et joyeuse ; Raëda Koraytem, ses fameuses boîtes en bois et émail, très prisées durant les fêtes. Abdallah Hatoum, dont la signature est associée à ces très belles « silhouettes » de villes, de personnes, en fer noir, s’est concentré cette fois-ci, et en exclusivité pour le musée, sur les balcons des maisons traditionelles ; Maria Halios a ramené ses fameux plateaux en marbre qui deviennent un peu sa marque de fabrique, Sara’s Bag, ses petits sacs très appréciés, Randa Tabbah, une collection de petits bijoux vendus en exclusivité ; Bkerzay a transporté sa poterie du Chouf, Nadine Tawil, ses poteries colorées, plats à gâteaux et fromages utiles et agréables, et Zeina Abou el-Hosn, ses pièces en poterie, exclusives. Nada Rizk, qui fait partie du Salon d’automne 2018, a dévoilé de très beaux petits vases en trois tailles et en céramique émaillée avec de la feuille d’or, pour une fleur ou des petits bouquets, des pièces uniques, simples et organiques, à poser une à une ou en groupe et inspirés du style minimaliste finlandais. Enfin, last but not least, Karim Chaya (ACID) a créé un impressionnant mortier en marbre, véritable œuvre d’art. Les nouveaux venus s’y sont mis avec la même énergie.

La designer de bijoux Karma Selman a repris le détail d’un sarcophage et l’a décliné en boucles d’oreilles et pendentifs. Des pièces « sur mesure » pour l’occasion. Salim Azzam, qui a fait partie de a première édition de Génération Orient, a fabriqué deux tee-shirts imprimés et un kimono en soie inspirés des mosaïques Europe et Cupidon. Certainement des must-have ; Carine Kabrosly Daouk dévoile ses bougeoirs et autres objets en verre soufflé ; Nicolas Fayad et Charles Kettaneh (East Architecture Studio) se sont inspirés des formes des coiffes de Phéniciens pour en faire une salière et un poivrier ; Mariam Debbas a dessiné une charmante série de cartes ; Le temps brodé, qui vient de clôturer une sublime exposition, a fabriqué un service américain et une écharpe, Tania Fayad (Vanina), des sacs, Ramzi Abi Fadel, des maisons en chrome, et enfin notre collègue Carla Henoud a déposé son livre Le chariot de Farah dans la Boutique du musée.


*Journée « portes ouvertes »

Jeudi 6 décembre 2018 de 9 heures 30 à 22 heures 30

Musée national de Beyrouth.


Pour mémoire
Le Musée national de Beyrouth dans la cour des grands

Le Musée national de Beyrouth, en poche !

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Stes David

Le mortier en marbre me fait penser à l'article du "jern el kebbeh" ou "l’importance du jurn, un ustensile typique des villages libanais" comme on explique dans l'article de https://www.lorientlejour.com/article/1139980/

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