Des Gilets jaunes ont ralenti la circulation automobile sur de nombreux axes routiers en France, hier, pour protester contre la hausse des taxes sur le carburant. Sébastien Salom Gomis/AFP
Le Premier ministre français Édouard Philippe a assuré hier soir avoir entendu la « colère », la « souffrance » et le « sentiment d’abandon » exprimés par le mouvement des Gilets jaunes en France mais a réaffirmé que son gouvernement ne changerait pas de cap.
« J’entends ce que disent les Français, mais je vois le cap, je n’en change pas et j’essaye de trouver les bonnes solutions pour intégrer ce que les Français ont dit et je crois qu’ils veulent plus d’accompagnement dans leur vie quotidienne, dans leur vie réelle, et c’est ce que nous allons faire », a-t-il dit sur France 2, au soir d’une seconde journée de mobilisation des Gilets jaunes, qui protestent contre la hausse des taxes sur le carburant. « Le mouvement des Gilets jaunes s’est exprimé de façon très claire (...), mais je dis aussi qu’un gouvernement qui changerait de pied en permanence, qui zigzaguerait au gré des difficultés, il ferait ce qu’ont fait beaucoup trop de gouvernements par le passé et il ne conduirait pas la France là où elle doit être conduite », a-t-il insisté. Le chef du gouvernement a dit comprendre le « ras-le-bol fiscal » et assuré que le taux de prélèvements obligatoires aurait baissé à l’issue du quinquennat.
Blocages et barrages filtrants
Hier, des Gilets jaunes, bien moins nombreux que la veille, ont à nouveau ralenti la circulation automobile sur de nombreux axes routiers en France. Des blocages mais surtout des barrages filtrants et des opérations escargot ont été observés par l’AFP dans plusieurs régions. Sur environ 150 sites, les manifestants ont appelé à reconduire le mouvement, selon le ministère de l’Intérieur. La veille, près de 290 000 personnes avaient manifesté sur 2 034 sites.
En dehors des axes autoroutiers, plusieurs abords de zones commerciales ont été bloqués. Un manifestant a été grièvement blessé hier près de Saint-Quentin (Aisne, Nord) lorsqu’un automobiliste a forcé un barrage de Gilets jaunes sur un rond-point, a-t-on appris de sources concordantes. Mais ses jours ne sont pas en danger, a précisé la gendarmerie, selon laquelle l’automobiliste a pris la fuite.
Une agression à caractère homophobe présumée, samedi, d’un conseiller municipal de Bourg-en-Bresse (centre-est) par des Gilets jaunes suscitait en outre l’indignation, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner condamnant des « actes odieux ».
À l’initiative de cette grogne, des membres de la société civile se sont mobilisés contre la hausse du prix des carburants avant de se lancer dans une dénonciation plus globale de la politique du gouvernement en matière de taxation et de la baisse du pouvoir d’achat.
Tout le territoire a été touché par les actions des Gilets jaunes, ce qui représente un succès certain pour ce mouvement, issu des réseaux sociaux et organisé en dehors des partis politiques et des syndicats.
Le président Emmanuel Macron, cible prédominante des rassemblements, ne s’est pas exprimé publiquement depuis le lancement du mouvement. Il se trouvait hier à Berlin pour prononcer un discours sur l’Europe au Bundestag. « Le président de la République s’est déjà exprimé, il s’exprimera à nouveau quand il pensera qu’il est souhaitable qu’il le fasse. Le président sait quand il y a urgence et il le fera », a déclaré sur France 3 Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales. Elle a estimé qu’Emmanuel Macron pourrait évoquer ce mouvement de colère mercredi lors de la réception à l’Élysée du bureau de l’Association des maires de France (AMF) et de plusieurs centaines de maires.
Sur le fond, le gouvernement poursuivra « la trajectoire prévue » en matière de fiscalité écologique, avait affirmé le ministre de la Transition écologique François de Rugy, appelant à « faire beaucoup de pédagogie » et à multiplier les « contacts directs » des membres du gouvernement avec les Français.
Selon un sondage publié par le Journal du Dimanche, 62 % des Français jugent qu’il faut « donner la priorité au pouvoir d’achat quitte à aller moins rapidement sur la transition énergétique » dans les prochaines années.
Sources : agences


"donner la priorité au pouvoir d’achat quitte à aller moins rapidement sur la transition énergétique ". Bien entendu! D'autant plus que la fameuse "transition énergétique" est basée sur une idéologie, c'est-à-dire une doctrine coupée du réel. Ainsi, on veut, dans le même temps diminuer de façon drastique la part du nucléaire dans la production électrique et, en même temps, la production de CO et CO2! Par ailleurs, tous les français qui, poussés par des agitateurs prétendument écologiste, manifestent cotre les centrales nucléaires, sont-ils prêts à payer trois fois plus cher leur électricité? On veut imposer, au nom de la lutte contre la pollution, des parcs d'éoliennes alors qu'il s'agit de la plus polluante des énergies renouvelables. Les modes changent. L'Etat a encouragé le diesel considéré à l'époque comme moins polluant, et on veut maintenant le taxer comme responsable de tous les maux! En réalité, le diesel ne pollue ni plus, ni moins que l'essence, seulement autrement. Transition énergétique? Oui, mais dans le calme et la réflexion, sur des bases scientifiques et loin de toute idéologie.
07 h 32, le 20 novembre 2018