Le ministre italien de l’Économie Giovanni Tria a encore justifié le déficit prévu par le budget 2019 en soulignant notamment le coût engendré par les récents événements climatiques. Alberto Pizzoli/AFP
Le gouvernement populiste italien a évoqué des circonstances « exceptionnelles » pour réclamer plus de flexibilité budgétaire, un argument peu susceptible d’amadouer Bruxelles ou de convaincre les marchés financiers, très critiques vis-à-vis de la politique antiaustérité engagée par Rome. Alors que Bruxelles avait rejeté son projet de budget le 23 octobre et lui avait donné jusqu’à mardi pour revoir sa copie, Rome a décidé de maintenir inchangée sa prévision d’un déficit à 2,4 % du PIB (produit intérieur brut) l’an prochain. Dans une lettre envoyée dans la nuit de mardi à hier à la Commission européenne, le ministre de l’Économie, Giovanni Tria, a demandé « l’application de la flexibilité pour événements exceptionnels ». Il souligne que sur les budgets des trois prochaines années pèsent des « dépenses de nature exceptionnelle égales à environ 0,2 % du PIB », en raison des intempéries « d’une gravité particulière » ces dernières semaines et de l’effondrement du pont de Gênes cet été.
Risque de sanctions
Dans sa lettre, M. Tria répète que les 2,4 % de déficit représentent « une limite infranchissable ». Le gouvernement a aussi décidé d’« augmenter à 1 % du PIB en 2019 l’objectif de privatisation du patrimoine public », afin d’accélérer la baisse de la dette, qui va passer, selon les calculs de Rome, de 131,2 % du PIB en 2017 à 126 % en 2021. Mais selon la Commission, les mesures prévues risquent d’aggraver le déficit à 2,9 % l’an prochain et à 3,1 % en 2020. Récemment, Bruxelles a souligné que l’Italie a déjà bénéficié de 30 milliards d’euros (33,84 milliards de dollars) de marge budgétaire de « flexibilité » entre 2015 et 2018. En refusant de modifier son budget, Rome prend le risque de l’ouverture d’une « procédure pour déficit excessif », susceptible d’aboutir à des sanctions financières correspondant à 0,2 % du PIB (soit quelque 3,4 milliards d’euros, équivalant à 3,84 milliards de dollars). « Il est peu probable que les petits changements faits par le gouvernement italien dans son budget apaisent la Commission européenne », notent les experts de Capital Economics. Mais ces économistes doutent que des sanctions « conduisent le gouvernement à changer ses plans », d’autant que la procédure s’annonce longue.
Source : AFP


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