Responsables et analystes palestiniens se sont inquiétés d'une "normalisation" des relations entre pays arabes et Israël, après une rencontre entre le sultan Qabous d'Oman et Benjamin Netanyahu, qui a effectué une rarissime visite dans ce pays arabe sans liens diplomatiques avec Israël.
La visite, rapportée par les médias officiels des deux pays, a suscité des réactions, les pays arabes ayant historiquement fait du règlement de la question palestinienne la condition d'une normalisation avec Israël.
Désormais "le système de valeurs et le pacte politique et social arabe n'existe plus", a déploré samedi dans un bref communiqué Mohammed Chtayyeh, membre du comité central du mouvement Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas.
En Israël, la visite de M. Netanyahu à Oman, divulguée vendredi après-midi à son retour, a été perçue comme un gros coup. Le Premier ministre israélien avait évoqué la veille un rapprochement avec Israël de la part de certains pays de la région.
A Oman, les médias officiels ont diffusé des images de la rencontre entre Qabous et Netanyahu et indiqué qu'elle a porté notamment sur "les moyens de faire avancer le processus de paix au Proche-Orient". Le président palestinien Mahmoud Abbas avait devancé M. Netanyahu dans ce pays du Golfe en début de semaine alors que le processus de paix avec Israël est enlisé.
"C'est le début de la normalisation publique et la fin de l'initiative de paix arabe", a assuré M. Chtayyeh, faisant référence à un plan de paix saoudien de 2002 proposant une normalisation entre Israël et les pays arabes en échange d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967, soit avant l'occupation israélienne.
Parmi les pays arabes, Israël n'entretient de relations diplomatiques qu'avec l'Egypte et la Jordanie, pays voisins avec lesquels il est lié par des traités de paix.
Le vice-président du Parlement palestinien, Hassan Khreiché, a dit constater "une précipitation sans précédent de la part de pays arabes pour une normalisation avec Israël".
Pour certains analystes, les divisions entre Palestiniens et l'incapacité de la classe politique à les régler ont contribué à ce que des Etats arabes changent d'attitude par rapport à Israël. "Les Palestiniens sont divisés et faibles, et ne peuvent pas empêcher les pays arabes de normaliser leurs relations avec Israël", souligne le politologue palestinien Jihad Harb à l'AFP.
Jeudi, M. Netanyahu avait affirmé: "Nous avons toujours cru que nous ouvririons les portes de la paix avec le monde arabe au sens large si nous résolvions le problème palestinien", mais il est "peut-être plus vrai que si vous vous ouvrez au monde arabe et que vous normalisez vos relations avec eux, cela finira par ouvrir la porte à la réconciliation et à la paix avec les Palestiniens".


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