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Campus - Portrait

Kamel Wehbé, ou l’ambition dévorante d’un fils de Mahrouna

Étudiant en sciences politiques et économiques à l’AUB, travailleur acharné, ce jeune homme de 18 ans est parvenu à imposer le respect et l’admiration par ses talents d’orateur.

«  Je ressens toujours le besoin de parler de la jeunesse dans mes discours : je veux rappeler qu’on a une voix et que nous sommes le nouveau souffle du pays. Il faut impérativement améliorer le système éducatif : c’est là qu’on pourra secouer les gouvernements et construire des pays  », confie Kamel Wehbé.

« Mon nom est Kamel Wehbé. Je viens d’un petit village dans le sud du Liban appelé Mahrouna. Je suis juste une personne qui essaye de laisser une trace positive dans son pays par tous les moyens possibles. » Sans ciller, la voix sereine et hypnotique, Kamel Wehbé se présente par le détour de ses origines et de son ambition. Deux composantes qui le constituent et le définissent peut-être. « Je suis cet enfant de Mahrouna qui veut conquérir le monde et le rendre meilleur. J’ai toujours la même faim qui m’habite depuis tout petit », répète-t-il.

Le jeune étudiant en sciences politiques et économiques a la voix qui porte. Du haut de ses 18 ans, ce garçon charismatique à la poigne d’homme a déjà accompli de quoi faire rougir certains esprits endurcis. Dès son premier semestre passé à l’AUB, il gagne 5 récompenses : les honneurs du doyen, le prix du meilleur orateur national et international, le leader étudiant et le prix du meilleur essai sur le jour fondateur de l’université. Cette dernière performance lui vaut au passage d’avoir son nom sur une plaque d’or accrochée aux murs de l’AUB, cette université qu’il adore. « J’aurais pu aller à Oxford. Mais j’ai préféré l’AUB car il y a une communauté de personnes qui vivent la même situation que toi dans le pays. Tu étudies à côté des futurs ministres, banquiers, ces gens avec lesquels tu vas construire le pays un jour », assure-t-il.

Kamel Wehbé s’est démarqué par l’exploitation d’un talent remarqué depuis son plus jeune âge, celui de l’art oratoire. En juin 2018, il remporte à Londres la troisième place du concours d’éloquence internationale (International Public Speaking Competition) organisé par la English Speaking Union (ESU) avec un discours sur la prédiction du futur par l’invention. Mais ce qui passionne surtout le jeune homme, c’est le pays dans lequel il est, et tout particulièrement ses pairs qu’il ne trouve pas assez bien représentés en politique. « Au Liban, la jeunesse est très négligée. Elle n’a pas de voix. On ne peut pas voter avant d’avoir 21 ans. J’ai écrit un papier à ce propos pour abaisser l’âge de vote à 18 ans. Mon texte a été lu au Parlement, où j’ai moi-même été invité pour parler devant Nabih Berry et les députés. »

Mais pour pouvoir donner de la résonance et de l’écho à ses idées, Kamel Wehbé a très vite compris qu’il fallait travailler beaucoup et en profondeur. « J’étudie de 9 heures du matin à 9 heures du soir tous les jours. Le président de l’université me dit : “Kamel, on en a assez de toi. Sors d’ici !” lance-t-il en riant. J’ai une passion pour l’écriture, c’est mon but ultime. Il faut faire des recherches et lire, il faut se constituer une banque de mots et de connaissances pour qu’il y ait un vrai message derrière ce qu’on dit. Il faut que je me fasse un nom ici, que j’aille faire un master en politique publique à l’étranger puis que je revienne, prêt pour opérer les changements au pays qui est le mien. »


Passé et futur
Pour comprendre l’envie dévorante qui anime aujourd’hui Kamel Wehbé, il faut saisir son histoire, son passé d’enfant de village, sa famille qu’il chérit plus que tout et qu’il évoque souvent. « En plus de ma mère, ma plus grande inspiration dans la vie est mon père. Il vient d’une famille très pauvre. À 8 ans, il vendait des chaussettes. À 18 ans il a réussi à ouvrir son premier commerce : c’est devenu un self-made-man, cherchant à offrir à ses enfants toutes les chances dans la vie. De mes frères et sœurs, je suis le premier de ma famille à aller à l’université. »

Kamel Wehbé souhaite s’ériger en exemple, en modèle pour sa famille et ses camarades, lui qui est pleinement conscient de la chance qu’il a de pouvoir étudier et faire bouger les choses. À l’origine donc, un désir de gratitude ; à terme, une recherche du dépassement de soi et de sa condition. « Je ne peux être satisfait de ma personne parce que j’ai gagné quelques compétitions, quand il y a des jeunes de 18 ans qui publient des recherches sur le cancer. Je ne veux pas me contenter de mes succès. J’ai du mal à dormir parfois parce que j’ai peur d’être complaisant. J’ai toujours besoin de faire mieux que l’année précédente. » Ses influences ? Barack Obama, Martin Luther King, et … ses origines arabes. « Mon héritage oriental joue un grand rôle dans ce que je suis aujourd’hui : les Arabes ont fondé l’art de l’éloquence à partir des penseurs romains et grecs comme Cicéron, Aristote ou Platon. La lecture du livre La voie de l’eloquence de l’imam Ali a aussi été un facteur important. » Pour écrire ses discours, Kamel Wehbé a besoin de retourner à ses origines, dans son village natal où il perçoit une connexion biologique à la terre « pour ressentir la poésie du sol et abreuver » son esprit. Et quand on a un esprit comme celui de ce jeune de 18 ans, augmenté du don des mots, d’une rigueur de travail et d’un attachement solide à des racines, on se dit que quelque part, dans un futur relativement proche, attend nécessairement la promesse d’un succès éclatant.



« Mon nom est Kamel Wehbé. Je viens d’un petit village dans le sud du Liban appelé Mahrouna. Je suis juste une personne qui essaye de laisser une trace positive dans son pays par tous les moyens possibles. » Sans ciller, la voix sereine et hypnotique, Kamel Wehbé se présente par le détour de ses origines et de son ambition. Deux composantes qui le constituent et le définissent peut-être. « Je suis cet enfant de Mahrouna qui veut conquérir le monde et le rendre meilleur. J’ai toujours la même faim qui m’habite depuis tout petit », répète-t-il. Le jeune étudiant en sciences politiques et économiques a la voix qui porte. Du haut de ses 18 ans, ce garçon charismatique à la poigne d’homme a déjà accompli de quoi faire rougir certains esprits endurcis. Dès son premier semestre passé à...
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