Le ministre sortant de la Justice, Salim Jreissati, a violemment pris à partie l’ancien chef du gouvernement, Fouad Siniora, à cause d’une interview que ce dernier a donnée au quotidien Asharq al-Awsat, parue hier et dans laquelle il a tenu des propos critiques à l’encontre du président Michel Aoun et du CPL, leur reprochant de « bafouer la Constitution en instituant de nouveaux usages ».
« Ces accusations contre le président émanent de celui qui a un jour asséné un coup qui aurait pu être fatal à la coexistence, lorsqu’il avait décidé de rester à la tête d’un gouvernement dont avait démissionné un pan représentant une partie importante du peuple libanais », a déclaré M. Jreissati dans un communiqué, en allusion à la démission des ministres chiites du gouvernement Siniora, en novembre 2006. « M. Fouad Siniora n’est pas habilité au double plan national et constitutionnel à accuser le président de violer la Constitution et ne réalise pas les conséquences constitutionnelles et politiques graves de ces accusations », a-t-il ajouté. Il a expliqué que le « pouvoir des forts », critiqué par M. Siniora dans l’interview, repose sur un article du document d’entente nationale qui stipule que « le Liban est un État central fort ».
Le bureau de presse de l’ancien Premier ministre n’a pas tardé à réagir aux propos de M. Jreissati, déplorant une « réponse étonnante, empreinte d’arrogance et de condescendance de la part d’un ministre qui s’est arrogé le droit de déterminer la qualité constitutionnelle et nationale d’une personne, alors que nous sommes dans une République parlementaire et démocratique, et non pas dans une autocratie ».

