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Économie

Aux yeux des investisseurs étrangers, la gouvernance reste le talon d’Achille du Liban

Conférence
P.H.B. | OLJ
16/10/2018

La 4e édition de la conférence de Bpifrance Inno Génération (BIG), qui a rassemblé 40 000 entrepreneurs à Paris il y a quelques jours, a consacré jeudi dernier une table ronde aux opportunités d’investissement au Liban, dans le cadre d’un atelier centré sur le Moyen-Orient. Animé par le Franco-Libanais Hazem Issa, cadre et responsable Moyen-Orient et Afrique au sein du cabinet Ernst & Young Paris transaction services, le débat a mis en exergue les attentes des investisseurs intéressés par le pays du Cèdre mais « frileux » face aux faiblesses de sa gouvernance.

« Malgré un avenir économique en pointillés, faute de réformes structurelles, et une situation politique complexe, l’intérêt des investisseurs pour le Liban demeure présent », assure M. Issa à L’Orient-Le Jour. Nombre d’entre eux sont enclin à passer par le pays pour participer à la reconstruction de la Syrie ou de l’Irak, dans le cas où un apaisement de la situation politico-sécuritaire devait se confirmer dans ces pays. Ils sont néanmoins aussi nombreux à reculer devant les défaillances de son administration, note-t-il cependant.

Un constat régulièrement mis en avant par la Banque mondiale, qui a placé le Liban à la 133e place sur 190 pays dans son dernier classement dédié à l’environnement des affaires, il y a environ un an. Le pays a en outre obtenu cet été le 8e rang sur 16 pays arabes et le 65e sur 109 pays du monde au classement 2018 de la Compagnie arabe pour la garantie des investissements et les crédits à l’exportation (Dhaman), portant sur la capacité des pays à attirer des investissements directs étrangers (IDE).

Concurrencé par les Émirats

Pour M. Issa, la complexité des procédures auprès des administrations publiques, l’opacité dans les procédures d’attribution des marchés publics, la corruption et le clientélisme sont les principaux facteurs qui repoussent les investisseurs étrangers. Des faiblesses qui annihilent les atouts du pays – un secteur bancaire performant, de nombreux projets d’infrastructure ou encore la phase d’exploration de ressources hydrocarbures offshore qui démarre en 2019 – et qui profitent aux Émirats arabes unis ainsi qu’à Israël, les deux « concurrents directs », notamment pour les investisseurs dans le domaine des nouvelles technologies ou des énergies renouvelables, ajoute M. Issa.

Pour y remédier, le Liban doit se réformer en ouvrant notamment la voie à la privatisation de plusieurs secteurs – comme l’électricité et l’eau – et donner « l’image d’une volonté ferme de diversifier l’économie » en créant notamment « un cadre législatif et fiscal avantageux pour les PME étrangères », poursuit-il.

Le renforcement de la productivité du secteur agricole ou la création de nouvelles zones industrielles font partie des autres pistes évoquées pour convaincre des investisseurs qui guettent également le lancement des grands projets d’infrastructure présentés en avril par le Liban lors de la conférence dite CEDRE, à Paris. Ces chantiers doivent être en partie financés par plus de 11 milliards de prêts et dons promis par ses soutiens, qui ne seront toutefois débloqués que si le pays lance certaines réformes. Samedi, L’Orient-Le Jour rapportait le propos d’une source diplomatique anonyme proche du dossier, qui a affirmé que la communauté internationale était « déçue » par la lenteur du processus, alors que la formation du gouvernement est bloquée par des tensions politiques depuis les législatives de mai.Bpifrance est l’acronyme de la Banque publique d’investissement française, principalement chargée de soutenir les PME et l’innovation.

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