La Renault EZ Ultimo, un prototype de véhicule robotisé au design de science-fiction. Éric Piermont/AFP
Le Mondial de l’auto de Paris (4-14 octobre) fête cette année ses 120 ans, avec pour objectif de reconquérir des constructeurs de plus en plus nombreux à bouder ce type d’événement. Les grands Salons automobiles occidentaux ne font plus le plein de marques, alors qu’ils étaient autrefois les vitrines incontournables des nouveautés du secteur. Le phénomène affecte aussi bien Détroit que Francfort ou Genève. Et le Mondial de Paris est particulièrement atteint cette année : Volkswagen, Opel, Fiat, Jeep, Alfa Romeo, Ford, Nissan, Volvo, Mazda ou encore Mitsubishi ont renoncé à tenir un stand à la porte de Versailles.
Mais le doyen des Salons automobiles, qui attire tous les deux ans plus d’un million de visiteurs et 10 000 journalistes internationaux, espère marquer les esprits avec un fourmillement de nouveautés. Au cœur de la transformation, l’ouverture aux services de mobilité et aux entreprises de technologie qui bouleversent l’industrie. L’automobile de demain sera électrique, autonome, connectée et de plus en plus partagée. Pour cette édition, les véhicules à deux roues sont exposés en même temps que les voitures, renouant avec la tradition des premières années. Outre le renfort du Mondial de la moto, le Salon lance un nouvel événement grand public, le Mondial de la mobilité, ainsi qu’un nouveau Salon professionnel, Mondial.Tech, qui permet à 64 start-up du monde entier de présenter leurs innovations. Par ailleurs, une piste d’essais est ouverte aux visiteurs pour tester des vélos et des trottinettes électriques. Jean-Claude Girot, commissaire général du Mondial, se réjouit tout particulièrement du partenariat noué avec le CES de Las Vegas, premier Salon mondial de l’électronique grand public, qui organise sa déclinaison française à la porte de Versailles pendant le Mondial.
Toutefois, les fondamentaux sont assurés. Le Mondial se félicite ainsi de continuer à attirer des marques de luxe : Aston Martin, Jaguar, Ferrari, Lamborghini, Maserati, Bugatti ou encore Tesla sont bien au rendez-vous. « Le Mondial reste une institution », estime M. Girot.
Alors, pourquoi des constructeurs font-ils l’impasse ? La présence sur un Salon est « un investissement coûteux », relève Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire Cetelem de l’automobile. Les Salons historiques, en Amérique du Nord et en Europe, sont concurrencés par d’autres modes de communication, notamment numériques, et par les Salons des pays émergents. « Le concept est à repenser complètement. Jusqu’ici, les Salons consistaient à placer des produits à côté de jeunes filles. C’est le monde d’avant-hier », estime pour sa part Ferdinand Dudenhöffer, directeur du Center Automotive Research. Selon lui, les Salons qui fonctionnent ne se contentent pas d’exposer des produits, mais proposent également « des expériences ».
M. Girot reconnaît que le Mondial de Paris aurait dû innover plus tôt. Pour cette édition, la durée a été raccourcie à 11 jours, au lieu de 16 auparavant, afin de réduire les coûts pour les constructeurs. Le Mondial est aussi sorti des murs et propose au public d’essayer des voitures électriques sur la place de la Concorde. Il espère de la sorte convaincre que l’événement a de l’avenir, malgré ses 120 ans…
Source : AFP
Du rêve et de la science-fiction...
Au Parc des expositions de la porte de Versailles, au sud de Paris, les constructeurs français rivalisent de nouveautés : Renault a dévoilé son prototype de véhicule robotisé, le EZ Ultimo, au design de science-fiction, tandis que Peugeot se taillait un franc succès avec la E-Legend, une réinterprétation moderne (électrique et autonome) de la Peugeot 504 coupé de 1969. Chez DS, on découvre la DS3 Crossback, un SUV compact, tendu de cuir à l’intérieur et bardé des dernières technologies d’aide à la conduite. Le Salon fait aussi la part belle au rêve, avec un stand Ferrari garni de voluptueux bolides, ou encore l’exposition de modèles Aston Martin, Lamborghini et Bugatti. Audi, avec sa nouvelle E-Tron, et Mercedes, avec son modèle EQC, répondent enfin à Tesla, qui expose sa Model 3.

