Michel Pharaon.
Le ministre d’État sortant à la Planification Michel Pharaon a estimé hier que « les étapes de la formation du gouvernement mettent à l’épreuve notre engagement à respecter l’accord de Taëf et appliquer sainement la Constitution, ainsi que les compromis politiques qui ont accompagné l’échéance présidentielle, notamment la distanciation et la neutralité du Liban vis-à-vis des dossiers arabes et régionaux brûlants ».
« En contrepartie, nous ne pouvons séparer certaines positions et revendications de la lutte des axes en dépit du fait que certaines de ces revendications sont justes et logiques. Le dialogue extérieur facilite la formation du gouvernement, tandis que la crispation extérieure actuelle la complique », a poursuivi M. Pharaon dans un communiqué.
Le ministre a par ailleurs souligné « la nécessité d’entreprendre les réformes qui doivent aller de pair et débuter avec la formation du cabinet », tout en regrettant que la crise ministérielle se répercute à ce niveau.
L’ancien député de Beyrouth a mis l’accent dans ce cadre sur « la nécessité de s’apprêter à étudier par exemple l’idée de séparer le ministère de l’Intérieur du ministère des Municipalités, compte tenu de l’importance du développement du dossier des municipalités ». Il a prôné dans ce cadre la mise sur pied d’un ministère des Municipalités et de la Décentralisation administrative.
Michel Pharaon a également proposé la séparation du ministère de l’Énergie du ministère de l’Eau et la création à nouveau d’un ministère du Pétrole, compte tenu de l’importance des dossiers de l’électricité et du pétrole qui requièrent un ministère indépendant.
M. Pharaon a enfin jugé bon de créer un ministère du Budget distinct du ministère des Finances, comme dans bon nombre de pays, ce qui facilitera le suivi des dossiers financiers importants. « Le début des réformes, c’est de placer le bon ministre intègre au bon endroit », a-t-il noté.
Exprimant ses craintes face à « la détérioration de la situation économique qui a besoin d’être réglée compte tenu de ses dangers et de ses liens avec la situation financière beaucoup plus qu’avec la situation politique », Michel Pharaon a exprimé sa « confiance en Saad Hariri et sa capacité à évaluer les démarches à même de garantir le succès de la formation du cabinet sans ployer devant les diktats ». Selon lui, M. Hariri est « parfaitement capable de démêler les positions rationnelles à même de consolider l’entente et la stabilité de certaines revendications qui ne paraissent pas respecter l’intérêt du Liban d’abord ».
« Quant à l’entente entre le président de la République et le Premier ministre désigné, elle garantit les constantes du compromis et empêche le Liban de basculer au cœur du bras de fer régional et de la crise syrienne », conclut le ministre.


L,OPPOTUNISME EST MAUVAIS !
20 h 50, le 04 septembre 2018