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Culture

Mohtadi, passion piano...

Portrait express

Avec les mélodies de Schubert, Bach, Liszt et Chopin, il a fait résonner cet été les touches du piano dans l’enceinte du musée Sursock. Mohtadi el-Hajj, à trente et un ans, barbe lisse, silhouette romantique, fine et élancée, ne jure que par la musique... Lumière sur un parcours.

03/09/2018

Né à Beyrouth en 1987, c’est à peine haut comme trois pommes, à six ans, à travers les notes noires et blanches d’un clavier et par le truchement des œuvres de Beethoven, que la révélation avec son destin est donnée à Mohtadi el-Hajj, que les familiers, aujourd’hui, appellent Mohtadi, en toute simplicité…

La musique parle intensément à cet enfant qui dès l’âge de onze ans a reproduit, avec un sens remarquable des nuances, tout ce qu’il entendait. Sans discernement de solfège ni gammes basiques. Rien qu’à l’écoute et au flair, il entre de plain-pied dans l’univers de Bach, Liszt et Chopin… Dès qu’il s’assoit sur un tabouret face au piano, c’est une féerie et un enchantement qui s’échappent du bois lustré… D’ailleurs, c’est en ces termes qu’il confesse sa rencontre avec le piano : « Depuis mon enfance, quand j’écoutais des mélodies à la télé, à la radio ou en publicité, je les mémorisais et les jouais directement sur un petit orgue, en improvisant d’une manière polyphonique. Je suis sensible aux instruments à touches (keyboards !). Le piano a plus de dimensions musicales que d’autres instruments. Et puis surtout, c’est le seul instrument où dans une même mélodie on peut changer d’aspect et de couleur musicale en changeant l’harmonie et l’accord. »

Mais il fallait tordre le cou à ce don naturel encombrant qui fait fi des normes et des conventions académiques. Et voilà que dès l’adolescence, sa formation, sérieuse et suivie, se peaufine grâce à la férule des enseignants à l’Université antonine, ensuite sous la baguette d’Armen Ketchek pour terminer au Conservatoire national supérieur de musique où il a obtenu haut la main son diplôme.


Au palais du Danube

En 2017, il joue à Moscou le 3e concerto pour piano et orchestre de Rachmaninov, avec un orchestre russe dirigé par le maestro Vladimir Ponkin. C’est ce qui l’a conduit à participer aux compétitions des concerts du Danube où il a fini par décrocher le prix Budapest en donnant, en soliste au piano, la réplique à l’Orchestre philharmonique du Danube sous la direction d’Andreas Deak. Un sentiment de plénitude et d’exaltation en emportant ce trophée au palais du Danube devant un public nombreux et étranger.

Par ailleurs, ses apparitions remarquées ont été avec les maîtres du clavier, notamment (dont certaines figures parfaitement connues de l’auditoire libanais) Elizabeth Sombart, Ziyad Kreidy, Patrick Fayad, Victor Bunin… Et encore plus loin, de la Hongrie à Moscou en passant par Singapour, avec Kalina Mrmevska, Alexander Ghindin, Elena Nesterenko et Benjamin Loh.

Plus de vingt-cinq concerts déjà à son actif, dans une carrière qui s’affirme et prend de jour en jour de l’ampleur. Pour ce pianiste féru d’Idil Biret, Leslie Howard, Lazar Berman et Katsaris (et la liste pourrait s’allonger), et amoureux des partitions des Poèmes symphoniques et des Études transcendantales de Liszt, ainsi que des concertos pour piano de Rachmaninov et des œuvres de Richard Wagner, aujourd’hui, fort du prix Budapest qu’il vient de remporter et qui a braqué les spots sur lui, il met sous sa coupe public et pianophiles.

Les conseils qu’il donnerait à un pianiste en herbe ? Il égrène en toute sincérité et avec aplomb : « Sacrifier tout pour la musique. Avoir une oreille “phénoménale” constamment à l’affût. Travailler et ne pas renoncer devant les difficultés liées à la vie et garder toujours intacte et vivante la passion pour le piano… »

Des projets plein la tête et les doigts, il sera très prochainement à Londres et à Vienne. Mais rendez-vous fixé d’abord à Paris pour le 19 septembre à l’église Saint-Julien-le-Pauvre.

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