Dix-huit personnes ont été blessées en marge de nouvelles manifestations samedi soir dans la ville allemande de Chemnitz, épicentre de la contestation antimigrants de l’extrême droite. Selon un bilan publié hier par la police, des heurts avec les forces de l’ordre sont survenus lors de la dispersion de deux cortèges antagonistes ayant rassemblé au total plus de 11 000 personnes. D’un côté, environ 8 000 sympathisants de la droite ultra antimigrants ont marché dans les rues de cette cité saxonne de l’ex-RDA, en hommage à un Allemand de 35 ans tué il y a une semaine de coups de couteau. La justice a arrêté dans cette affaire un demandeur d’asile irakien et un Syrien. De l’autre, quelque 3 000 sympathisants de gauche ont organisé une contre-manifestation pour dénoncer l’extrême droite. Parmi les blessés, légers pour la plupart, figurent trois policiers.
Par ailleurs, en marge de ces rassemblements, dans un quartier périphérique de Chemnitz, un Afghan de 20 ans a été roué de coups dans la soirée par un groupe de quatre hommes au visage camouflé. Il a été légèrement blessé, selon la police.
Le rassemblement antimigrants était organisé à l’initiative principalement de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD).
Chemnitz est sous tension permanente depuis une semaine. Le 26 août, juste après le meurtre ayant mis le feu aux poudres, une manifestation de sympathisants d’extrême droite avait dégénéré en « chasse collective » à l’étranger dans les rues de Chemnitz, certains défilant en faisant le salut hitlérien. Et, le lendemain, des échauffourées entre manifestants d’extrême droite et d’extrême gauche avaient fait plusieurs blessés.
Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a exhorté hier la population à se mobiliser pour défendre les valeurs démocratiques.

