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La Dernière

Alya Tannous passe à la table de Dior

Rencontre

Parmi ses gammes de l’art de la table, la prestigieuse maison expose à Paris et Londres le verre soufflé de la créatrice.

May MAKAREM | OLJ
21/08/2018

Tout a commencé il y a deux ans. De passage à Beyrouth, Madison Cox, roi des paysagistes, surnommé « le jardinier des milliardaires », découvre à l’Artisan du Liban et d’Orient les créations en verre soufflé de Alya Tannous. Il l’invite instamment à se mettre en contact avec son amie Doris Brynner, ex-épouse du grand Yul, responsable de Dior Maison et Art de la table. La rencontre portera ses fruits : Brynner et son successeur, la directrice artistique de Baby Dior et Dior Maison, Cordelia de Castellane, lui commandent une collection exclusive de verres à eau et à vin. D’inspiration vénitienne à motif torsadé et transparent, ces pièces sur mesure, élégantes et pures, savant mélange de technique ancestrale et d’esprit de raffinement propre à la célèbre maison française, s’exposent aujourd’hui à la façon d’objets précieux. 

Alya Tannous, jeune femme gracile à l’air mutin qui s’affiche sans fard tout en dégageant une grande féminité, a la fibre artistique chevillée au corps. Depuis l’âge tendre, elle évolue dans une ambiance créatrice, aux côtés de sa mère, la décoratrice d’intérieur Lina Tannous, dont elle a hérité le sens du beau et de l’esthétique. Des études de théâtre et de littérature à l’Université Queens Mary, un esprit curieux et les heureux hasards permettront à la Syro-Libanaise qui réside dans la capitale française de porter un œil affiné sur l’élégance parisienne. Elle sera marquée par son expérience auprès de Marie Martinez, ancienne mannequin et directrice de vente de la Maison haute couture Christian Lacroix ; et imprégnée de ses années de collaboration avec Pia de Brantes, la reine des relations publiques, qui orchestre les dîners somptueux de François et Maryvonne Pinault, Francis Holder (Ladurée et boulangeries Paul), le professeur Francis Khayat, Didier et Clémence Krzentowski (Galerie Kreo), et d’autres. 



Un œil neuf et aiguisé
C’est au cours d’un voyage en Égypte que sa passion pour l’art du verre soufflé s’impose. Elle n’aura dès lors qu’une obsession : magnifier un artisanat endormi dont elle fera sa spécialité, en s’impliquant à fond dans le « bel objet », exigeant en permanence une qualité haut de gamme. « Le chemin a été long avant d’atteindre le résultat escompté, c’est-à-dire d’arriver à une technique parfaite pour un résultat millimétré », relève Alya Tannous, confiant qu’elle travaille avec une petite entreprise familiale, située à deux heures du Caire, dont le métier est transmis de génération en génération. « L’artisan était heureux d’envisager son art avec un œil neuf et de lui donner du lustre et de relief. Je passe des heures et des jours dans son atelier surchauffé, suivant de très près l’exécution de l’ouvrage. Il travaille avec beaucoup de précision, en apportant un soin particulier à la qualité de la production. Il a appris énormément avec moi, et moi avec lui », dit-elle. Fascinée par cette matière, qu’elle transforme et provoque, jusqu’à obtenir la dimension plastique souhaitée, elle devient même le prolongement du chalumeau du souffleur de verre en quelque sorte. « Chaque pièce étant produite à l’unité, il faut veiller à ce que le modèle original soit constamment respecté dans ses dimensions, ses formes et couleurs. Tout l’art est de combiner une forme de standardisation et, dans le même temps, d’accepter des imperfections qui font partie intégrante de la beauté d’un objet produit de manière purement artisanale. »

La qualité des créations a fédéré une grande clientèle et le bouche-à-oreille s’est mis en place naturellement. Elle marquera le grand saut en 2009, en lançant son entreprise consacrée à l’art de la table : Interiors by Alya Tannous et en ouvrant sa boutique à Achrafieh. Depuis, 150 modèles ont été créés : verres, vases, bougeoirs, carafes, soliflores et bols, dont le bol à pic son best-seller, verre sablé, verre corail, transparent, ou tout couleur, teinté or ou noir. Sa recherche de l’exceptionnel sera constante. Ses collections sont distribuées à Beyrouth, aux Artisans du Liban et d’Orient (produits exclusifs), chez Ginette, au musée Sursock et chez Over The Counter. Mais c’est avec l’audace triomphante que ses objets « du terroir » se posent à la table de Dior. Et dès l’entrée, ils seront exposés à la Maison du Bac, à Saint-Germain.

Du souffle pour une table qui demeure le haut lieu de la convivialité et de l’art de recevoir, autant qu’un repas.

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Houri Ziad

Et aussi a Sarafand dans le sud ...existe toujours ...un excellent atelier de souffleur de verre...

Le pont

Magnifique !!! Bravo,

Gebran Eid

BRAVO

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