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Culture

Les multiples vies de Beyrouth

Exposition

M. Saïd est une personnalité très complexe à plusieurs facettes. C’est pour cette raison que Salah Saouli l’a choisi pour traduire dans « The Seven Lives of M. Saïd » la face cachée de la capitale libanaise.

14/08/2018

La démarche de Salah Saouli est toute simple, mais complète et aboutie. En affiches de films, en toiles multimédias et en vidéos, l’artiste visuel offre à voir non seulement une exposition complète sur la vie de M. Saïd qui tient actuellement un café beyrouthin célèbre, mais aussi un questionnement sur la ville de Beyrouth. Quelles sont les opportunités qu’offre exactement la capitale libanaise à un jeune homme intelligent, mais né dans un environnement pauvre et analphabète ? Saouli ne dresse-t-il pas, par le biais de ce personnage, le profil d’une ville à plusieurs visages et qui a du mal à se reconnaître ? Et ne se fait-il pas ainsi le témoin de ce qui disparaît peu à peu ?

Mystère et intrigues
Né à Beyrouth et établi à Berlin depuis 1984, après avoir poursuivi des études en beaux-arts à l’Université libanaise, Salah Saouli s’initie à la peinture et à la sculpture dans la ville allemande, ainsi qu’à la gravure à Londres. Depuis, il parcourt le monde en présentant ses travaux multidisciplinaires. Tous les langages sont possibles et faciles à ses yeux afin de traduire le sujet qu’il voudrait explorer. Habile de ses mains et avec une véritable addiction au travail, il peut surfer sur une vague artistique et en prendre une autre au passage sans aucune difficulté. Les recherches prennent du temps ? Qu’à cela ne tienne !
Pour l’artiste, tout commence lorsqu’il fait la connaissance de M. Saïd en faisant des recherches sur la crise libanaise en 1958.
« Et comme, entre-temps, j’enquêtais sur le cinéma produit durant la guerre – pas nécessairement le ciné de guerre –, je tombe sur ce personnage intrigant, à la notoriété de garde du corps, bodybuilder et qui a été par la suite le producteur de plus de cinq films libanais. Je lui ai demandé s’il pouvait m’accorder quelques entrevues pour mieux connaître sa personnalité. » Et l’artiste de poursuivre : « Au bout de trois ans, M. Saïd devenant loquace et disert, j’ai réussi à croquer le portrait de cet homme ambigu et bourré de contradictions. Fervent dévot et aimant sa famille, cet analphabète a été aussi trafiquant d’armes, producteur de films. Ses films réalisés à petit budget, quoique kitsch, représentaient une documentation sur des rues et des quartiers aujourd’hui disparus. Ils reflètent la réalité d’un Beyrouth phagocyté. »
Un exercice long, mais divertissant, que Salah Saouli effectue à la manière d’un thérapeute. Ce qui explique la toile de Magritte – Le Thérapeute – remaniée, comme customisée.
« J’ai été très surpris des secrets révélés par cet homme. C’est comme s’il se mettait à nu. Voilà pourquoi il m’a fait penser à cette toile de Magritte qui en dit long sur le mystère qui l’enveloppe telle une cage. »

Galerie Agial
Hamra, rue Abdel Aziz, jusqu’au 25 août

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