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Syrie : les Kurdes nient avoir recruté des enfants dans leurs milices

AFP
05/08/2018

Une coalition kurdo-arabe en Syrie a nié dimanche avoir recruté des enfants dans ses milices, réfutant les accusations de Human Rights Watch et s'engageant à faire rendre des comptes aux éventuels d'"abus individuels".

L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) avait accusé vendredi la milice kurde des Unités de protection du Peuple (YPG) de recruter des enfants dans les camps de déplacés du nord-est syrien. Cette milice est la colonne vertébrale des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition kurdo-arabe engagée dans la lutte antijihadistes.

Le Conseil démocratique syrien, bras politique des FDS, a réagi dimanche aux accusations de HRW, réfutant l'existence d'une telle politique au sein des forces kurdes, et dénonçant de possibles "abus individuels irresponsables". "Nous sommes contre l'enrôlement des enfants, quelles que soient les justifications", a souligné dans un communiqué le Conseil démocratique syrien. "Ce qui a été évoqué dans le communiqué de HRW, ce ne sont que des abus individuels irresponsables, qui ne représentent pas la méthode ou la stratégie générale du Conseil démocratique syrien", poursuit-il.

Le Conseil promet d'étudier les "allégations" et "si les faits sont avérés, de restituer aux familles les enfants qui ont été enrôlés (...) et de faire rendre des comptes aux responsables de ces abus".

Le droit international interdit aux factions armées non étatiques de recruter des combattants de moins de 18 ans, et l'enrôlement d'enfants de moins de 15 ans est considéré comme un crime de guerre.

Huit familles dans trois camps de déplacés dans le nord de la Syrie ont affirmé à HRW que les miliciens et forces de sécurité kurdes avaient encouragé leurs enfants à rejoindre les rangs des combattants. La plus jeune recrue était une fille de 13 ans.
"Le plus tragique est que le groupe recrute des enfants de familles vulnérables dans les camps de déplacés à l'insu de leurs parents qui ne sont même pas informés du lieu où ils se trouvent", déplorait HRW.

Des milliers de personnes vivent dans des camps dispersés sur les zones contrôlées par les YPG, alliées des États-Unis dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).
L'an dernier, l'ONU a répertorié 224 cas de recrutement d'enfants par les YPG et son unité féminine, soit près de cinq fois plus qu'en 2016. Plusieurs groupes armés en Syrie ont eu recours au cours des sept dernières années de conflit au recrutement de mineurs.

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