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Quand amour, trahison et famille font bon ménage

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Vendettas, mariages imposés, etc. : le feuilleton « Bi Lahza » aborde les traditions claniques qui persistent dans certaines régions du Liban.

28/07/2018

Ce que le feuilleton Bi Lahza a de spécial, c’est non seulement son casting, avec des acteurs triés sur le volet, mais aussi la variété des sujets couverts par ce mélange d’histoires poignantes toutes inspirées de la réalité. Les différents personnages excellent dans leurs prestations, relevant à qui mieux mieux le niveau de cette œuvre saisissante qui a déjà captivé un audimat visiblement conquis.

Naya (Cynthia Khalifé), troublante avec son air innocent de collégienne, surtout dans le deuxième épisode, après avoir entraîné Seif (Ziad Bourgi) dans une liaison suite à la trahison de son fiancé, est la brise du printemps qui laisse derrière elle un sillage de fleur d’oranger. La jeune femme, trahie par son futur époux, se donne entièrement à un étranger, Seif donc, par vengeance. Ce dernier ne sait pas encore que cette rencontre improbable va bouleverser sa vie, et que le destin lui réserves moult surprises. Carmen Lebbos, la mère de Seif qui vient d’arranger le mariage de son fils Maher avec Falak (Rawan Tahtouh), une jeune fille du clan ennemi, ne nous réserve aucune surprise dans son rôle de matrone, distinguée, exigeante et intransigeante. La dame de fer est impeccable en gestionnaire des affaires familiales, un rôle peaufiné dans les moindres détails, même lorsqu’il s’agit des relations de ses enfants avec leurs conjoint(e)s.


Sans pouvoir se libérer...
Bi Lahza met en lumière les traditions claniques qui persistent toujours dans plusieurs régions du Liban et où, pour clore une vendetta, on ne se prive pas de mettre fin aux rêves et aux aspirations des jeunes filles, qui se voient propulsées dans un mariage précipité et vite transformé en un cauchemar interminable et surtout silencieux.

Rawan Tahtouh est superbe dans son rôle de jeune femme rebelle : elle ne mâche pas ses mots et dénonce à tout va l’injustice de cette société patriarcale qui resserre l’étau autour des jeunes filles qui ne rêvent que de liberté à travers l’éducation. Cynthia Khalifé est secondée dans le feuilleton par une Viviane Antonios dont la sensibilité ne peut pas laisser le téléspectateur de marbre tant la jeune actrice est impliquée dans son rôle, comme à l’accoutumée. Le personnage d’Antonios est celui d’une jeune femme active et pragmatique qui a toujours un message sage à transmettre en se basant sur sa propre expérience de la vie. D’autres acteurs font partie d’un bouquet très réussi, notamment Magdi Machmouchi, Youssef Haddad, Fouad Charaf el-Dine, Nicolas Mezher, Elsa Zougheib, Hiam Abou Chedid et Natacha Choufani, mais l’on s’arrêtera plutôt sur Ziad Bourgi. Il tient le rôle masculin principal, prête sa voix chaude et rassurante, teintée de notes romantiques, au générique de l’œuvre, et assure tant bien que mal sa partition, mais du travail reste à faire au niveau du jeu. Le jeune chanteur, qui a déjà tenté plusieurs fois l’expérience d’acteur, reste tout de même apprécié par les téléspectateurs grâce à un charisme certain – sa drôle de ressemblance avec Georges Wassouf n’y est sûrement pas étrangère. Sa situation est des plus délicates dans ce feuilleton, à cause notamment de la mort de son frère et de la grande surprise qui lui a été réservée concernant l’implication de sa famille dans le trafic de drogue. D’autant que les obligations familiales, les traditions et son amour pour Naya ne feront que compliquer davantage cette passionnante histoire.

Outre la question de la virginité avant le mariage, le feuilleton aborde la trahison, le libertinage, l’alcool, l’amour, la drogue, l’argent, les tensions familiales ainsi que la sacralité des traditions dans une société qui tend de plus en plus vers la liberté sans pouvoir pour autant se libérer.

Réalisation d’Oussama Chehab el-Hamad et scénario de Nadine Jaber. Rendez-vous chaque soir sur la MTV à 20h45.


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